Pourquoi de plus en plus de touristes quittent les plages d’Ibiza à cause de serpents qui nagent

La couleuvre fer-à-cheval menace gravement la biodiversité d’Ibiza.

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Pourquoi de plus en plus de touristes quittent les plages d'Ibiza à cause de serpents qui nagent
Pourquoi de plus en plus de touristes quittent les plages d’Ibiza à cause de serpents qui nagent © RSE Magazine

La couleuvre fer‑à‑cheval, Hemorrhois hippocrepis, pose un vrai souci pour l’écosystème d’Ibiza. Arrivée au début des années 2000, cette espèce invasive, reconnaissable par sa taille impressionnante (jusqu’à 1,8 mètre) et sa capacité à nager, a souvent été filmée en train de rejoindre des îlots voisins, ce qui facilite sa propagation dans la région. Même si ces serpents sont inoffensifs pour l’homme, leurs effets sur la biodiversité locale sont de plus en plus préoccupants.

Comment la couleuvre fer‑à‑cheval est arrivée à Ibiza

La présence de la couleuvre fer‑à‑cheval à Ibiza n’est pas due au hasard : elle a été introduite accidentellement au début des années 2000 via l’importation d’oliviers centenaires depuis la péninsule ibérique. L’objectif était d’embellir l’île, mais cette arrivée a aussi créé les conditions pour une prolifération rapide. The Guardian prévoit que d’ici la fin de 2027, l’espèce sera présente sur toute l’île.

Des observations de serpents nageant vers des îlots comme Santa Eulària et s’Or se multiplient : 58 captures lors de 13 visites entre avril 2024 et mai dernier. Oriol Lapiedra, biologiste au Creaf en Catalogne, rappelle que « les témoignages de pêcheurs et de touristes faisant état de serpents nageant se multipliaient », et la toute première preuve filmée en avril 2024 a confirmé cette tendance inquiétante.

Répercussions sur la faune et efforts de contrôle

La prolifération de ces serpents menace tout particulièrement le lézard des Pityuses, dont le statut est passé de « vulnérable » à « menacé » sur la liste rouge de l’IUCN en octobre 2022. Sur l’îlot de Santa Eulària, 72 lézards avaient été comptés en 2016, mais aucun n’a été observé entre octobre 2023 et mai 2025. Sur l’îlot s’Or, la disparition des lézards a été constatée dès 2018. Cette évolution perturbe la dispersion des graines et la pollinisation, et elle déséquilibre aussi la régulation des populations d’insectes.

Malgré des opérations d’abattage intensives, plus de 12 000 serpents éliminés depuis 2016, l’espèce continue de prospérer. Les méthodes mises en place, comme la pose de pièges et la capture à la main, peinent à freiner la dynamique. Huit chercheurs ont souligné dans la revue Ecology : « Malgré les efforts intenses d’abattage, l’espèce continue de proliférer. »

Des situations semblables ailleurs et ce qui se passe en ville

La situation à Ibiza n’est pas isolée. On a vu des cas comparables avec les pythons birmans en Floride, la disparition de reptiles à Grande Canarie et la baisse d’oiseaux à Guam, toutes liées à l’introduction de serpents. À Ibiza, cependant, il existe une différence entre zones rurales et zones urbaines : en ville, la présence de lézards semble moins affectée, notamment parce que les serpents y sont souvent écrasés par des voitures ou tués par des habitants. Comme le dit Oriol Lapiedra : « Dans les zones urbaines, les serpents sont écrasés par les voitures et tués par les habitants. »

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