Nazaré, petite ville côtière au Portugal, est désormais connue pour ses vagues gigantesques qui attirent des surfeurs du monde entier. Ce phénomène impressionnant s’explique principalement par la présence d’un canyon sous-marin au large, qui canalise l’énergie de la houle et engendre des vagues de plus de 20 mètres. Récemment, la tempête Eddie a produit des vagues dont la hauteur moyenne atteignait 19,7 mètres, enregistrées par satellite dans l’océan Atlantique, rapporte Presse Citron. Ce phénomène soulève des questions sur les effets du réchauffement climatique et sur la nécessité de revoir nos modèles climatiques.
Les vagues d’envergure à Nazaré
Le record de la plus haute vague jamais surfée à Nazaré revient à Sebastian Steudtner, qui a bravé une vague de 26,21 mètres en 2020. Ces vagues impressionnantes résultent d’un transfert d’énergie particulier entre le vent et la mer, souvent lié à l’interférence constructive. Lors de tempêtes sévères comme Eddie, ce transfert se renforce, laissant les vagues grossir de façon spectaculaire. Fabrice Ardhuin du CNRS/Ifremer explique que cette synchronisation « permet aux vagues de croître en hauteur et en longueur pendant plusieurs heures », concentrant ainsi une énergie phénoménale.
La tempête Eddie, exemple marquant
Le 21 décembre 2024, la tempête Eddie a non seulement engendré ces vagues spectaculaires enregistrées par le satellite Swot, mais a aussi donné lieu à une houle s’étalant sur 24 000 km. Malheureusement, cette tempête a coûté la vie à trois personnes et causé d’importants dégâts en Amérique du Sud. Cet épisode montre comment des océans plus chauds peuvent alimenter des phénomènes météorologiques extrêmes, notamment par la redistribution de la chaleur. Avec 90 % de la chaleur excédentaire terrestre absorbée par les océans, qui se réchauffent quatre fois plus vite qu’il y a 40 ans, de tels événements pourraient se reproduire plus souvent.
Observation satellitaire et retombées scientifiques
L’ESA (Agence spatiale européenne) joue un rôle majeur dans le suivi des phénomènes océaniques grâce au satellite franco-américain Swot. Même si ces observations se limitent à certaines zones lors des passages du satellite, elles offrent des pistes de réflexion pour mieux comprendre les échanges entre l’atmosphère et l’océan. Des récentes constatations suggèrent que le transfert d’énergie pendant les tempêtes pourrait être sous-estimé dans nos modèles actuels, ce qui oblige à les revoir pour mieux anticiper les futures conditions météorologiques.








