Une lycéenne de 18 ans invente dans son garage un filtre magnétique qui élimine 96 % des microplastiques

Une ado de 18 ans invente, dans son garage, un filtre magnétique qui piège 96 % des microplastiques de l’eau. Sans membrane à changer. Un précédent irlandais existait déjà. Voici comment elle a fait mieux.

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Une lycéenne de 18 ans invente dans son garage un filtre magnétique qui élimine 96 % des microplastiques
Une lycéenne de 18 ans invente dans son garage un filtre magnétique qui élimine 96 % des microplastiques © RSE Magazine

Mia Heller, lycéenne américaine de 18 ans installée à Warrenton, en Virginie, a mis au point un filtre à microplastiques dans le garage familial. Son dispositif retire 95,52 % des particules de plastique contenues dans l’eau et récupère 87,15 % du liquide magnétique servant à les capter, selon les essais qu’elle a menés elle-même et relayés par Smithsonian Magazine. Le titre de l’article qui présente son invention arrondit ce résultat à 96 %.

Tout part d’un article de journal local. Mia Heller y apprend que l’eau de son quartier contient des microplastiques et des PFAS, ces composés perfluorés surnommés « polluants éternels » présents dans une foule d’objets du quotidien et qui s’accumulent dans l’organisme.

Ses parents achètent alors un appareil de filtration performant, mais ses membranes s’usent vite et doivent être changées sans cesse, ce qui coûte du temps et de l’argent. Aucune aide publique n’existe pour financer ce type d’installation domestique : chaque foyer doit se débrouiller.

En regardant sa mère entretenir l’appareil, l’adolescente s’est demandé s’il existait une autre manière de filtrer l’eau. Elle se lance concrètement à l’été 2025, entre la cuisine et le garage.

Son prototype tient dans un volume comparable à un sac de farine et se compose de trois modules : un réservoir d’eau polluée, un compartiment de ferrofluide et une chambre de séparation magnétique. Le principe repose sur une huile chargée de fines particules magnétiques qui se colle aux fragments de plastique ; un aimant attire ensuite l’ensemble, sans aucune membrane à remplacer.

Au départ, ce ferrofluide devait être jeté après chaque passage. Après cinq versions successives du prototype, Mia Heller a réussi à le récupérer et à le réutiliser en circuit fermé. Pour mesurer l’efficacité de son montage, elle a même bricolé son propre capteur de turbidité, qui évalue la quantité de particules en suspension dans l’eau, une prouesse quand on sait que les microplastiques se mesurent en millièmes de millimètre.

À titre de comparaison, les usines classiques de traitement de l’eau éliminent généralement entre 70 % et un peu plus de 90 % des microplastiques.

Un précédent irlandais avec la même idée d’huile aimantée

L’usage d’un ferrofluide pour capter le plastique n’est pas totalement nouveau. En juillet 2019, l’Irlandais Fionn Ferreira, alors âgé de 18 ans et originaire de Ballydehob, un village du Comté de Cork où les plages sont régulièrement souillées de déchets, avait remporté le Google Science Fair avec un procédé très proche : un mélange d’huile végétale et de poudre de magnétite, capable de retirer jusqu’à 88 % des microplastiques d’un échantillon selon ses propres tests, menés à raison d’un millier d’essais sans accès à un laboratoire universitaire.

Sa victoire lui avait valu une bourse de 50 000 dollars destinée à financer de nouveaux prototypes capables de traiter de gros volumes en flux continu, pour les stations d’épuration ou les usines côtières.

Dans un entretien accordé à The Journal, Fionn Ferreira avait précisé que sa méthode fonctionnait mieux sur les fibres issues d’une machine à laver que sur les plastiques en polypropylène. « L’étape suivante consiste à faire évoluer cette activité à l’échelle industrielle », avait-il ajouté.

Mia Heller n’en est pas encore là. Avant d’envisager une commercialisation, elle veut soumettre ses mesures à des laboratoires indépendants, un prototype fabriqué à la maison n’offrant pas la rigueur d’un essai contrôlé. Son projet lui a déjà valu une place de finaliste au concours international Regeneron de sciences et d’ingénierie, l’une des plus grandes compétitions réservées aux lycéens.

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