Samedi 18 avril, en fin d’après‑midi, des pêcheurs au large de Port‑La Nouvelle (Aude) ont eu la surprise d’apercevoir un spécimen exceptionnel de la faune marine. Un requin‑pèlerin, géant des mers d’environ 10 mètres, a été filmé à moins d’un kilomètre de la côte, dans des eaux peu profondes d’environ 8 mètres. Cette apparition rarissime montre à la fois la majesté de l’animal et l’enjeu de sa conservation en Méditerranée.
Un grand géant plutôt inoffensif
Le requin‑pèlerin, Cetorhinus maximus, est le deuxième plus grand poisson du monde, juste après le requin‑baleine. Surnommé le « géant inoffensif« , il nage lentement la gueule grande ouverte pour filtrer le plancton. Inoffensif pour l’homme, il fascine par sa taille et son comportement paisible de planctonivore.
Mathieu Lapinski, président de l’association Ailerons, rappelle que, malgré sa taille, le plus grand requin de la Méditerranée, on en sait encore peu sur cet animal. Son arrivée près des côtes suit le développement printanier du plancton, qui attire ces individus pendant une fenêtre de seulement deux à trois semaines.
Une espèce en danger en Méditerranée
Le requin‑pèlerin est classé en danger d’extinction (EN) par l’UICN en Méditerranée. Plusieurs menaces pèsent sur lui :
- la surpêche
- la pollution plastique
- le réchauffement climatique
- le trafic d’ailerons
- les prises accidentelles, qui représentent un risque majeur pour cette population vulnérable
Depuis le début des années 2000, seulement 300 signalements ont été enregistrés. Chaque observation compte donc beaucoup; on rappelle notamment les 49 observations relevées en 2017 entre Agde et le Cap Creus.
Les chercheurs entrent en piste
Pour mieux comprendre ce géant mystérieux, une opération recherche scientifique a été lancée : poser une balise satellitaire sur un requin‑pèlerin. Unique dans la région, cette initiative vise à cartographier les corridors de migration, identifier les zones d’alimentation en profondeur et, potentiellement, découvrir des aires de reproduction. Techniquement complexe, la mission est pourtant primordiale pour concevoir des mesures de protection ciblées. Mathieu Lapinski souligne que ces données pourraient transformer notre compréhension de l’écosystème méditerranéen.








