79% des maires français associent l’électrification à la réduction de leurs dépenses énergétiques, selon une enquête SERCE publiée ce 21 juillet 2026. Pourtant, seuls 33% maîtrisent les cadres réglementaires et 59% identifient le montage financier comme principal frein. Le défi est managérial : transformer l’intention en projets concrets grâce à l’accompagnement et la méthode.
Les élus locaux affichent une volonté politique forte en faveur de l’électrification de leurs territoires. 79% des maires associent directement l’électrification à la réduction de leurs dépenses énergétiques, selon une enquête du SERCE publiée ce 21 juillet 2026. Pourtant, un fossé subsiste entre l’intention et la capacité d’action concrète. Seuls 33% des élus maîtrisent les cadres réglementaires, et 59% identifient le montage financier comme leur principal besoin d’accompagnement. Le défi est désormais managérial : transformer cette adhésion en projets opérationnels.
L’intention existe : 79% des maires mobilisés sur l’électrification
L’enquête menée par le SERCE entre le 22 avril et le 13 mai 2026 auprès de 300 maires et premiers adjoints révèle une prise de conscience massive. La quasi-totalité des édiles interrogés perçoit l’électrification comme un levier de maîtrise budgétaire, dans un contexte où les dépenses énergétiques pèsent lourdement sur les finances locales. Le soutien public aux énergies renouvelables devrait atteindre 10,67 milliards d’euros en 2027, reflétant l’ampleur de l’investissement national. Au niveau local, les collectivités cherchent à réduire leur propre facture.
56% la considèrent comme un levier prioritaire : la volonté politique est là
Plus de la moitié des communes (56%) placent l’électrification parmi les solutions bas carbone prioritaires ou importantes. L’électrification dépasse ainsi d’autres options comme la sobriété énergétique ou les énergies renouvelables thermiques. Les élus ont compris que le passage à l’électrique, notamment via les pompes à chaleur, les véhicules électriques et l’éclairage LED, offre des retours sur investissement mesurables. L’arbitrage politique est donc tranché : l’électrification s’impose comme axe stratégique.
54% ont engagé des projets : le passage à l’action a commencé
Plus de la moitié des communes (54%) ont amorcé ou finalisé des projets de performance énergétique ou d’électrification dans leurs bâtiments communaux. Écoles, mairies, piscines municipales : les chantiers se multiplient. À Saint-Didier-en-Velay (Haute-Loire), l’installation d’une pompe à chaleur pour la piscine municipale a permis de réduire de 52% la consommation énergétique, générant 34 000 euros d’économies annuelles. Un cas d’école qui démontre la viabilité économique de ces investissements.
Le gap entre intention et capacité : l’enjeu managérial central
Malgré cette dynamique, un décalage structurel freine la généralisation des projets. Les maires expriment une adhésion massive, mais manquent de compétences techniques et financières pour piloter efficacement leurs transformations. Dominique Néel, Vice-Président du SERCE, résume la situation : « Les Maires sont prêts à agir. Il faut collectivement leur offrir méthode, solutions et moyens. » Le défi n’est plus idéologique, il est opérationnel. Comment passer de la conviction à la réalisation ?
33% seulement maîtrisent les cadres réglementaires : un besoin de formation
Seuls 33% des élus déclarent bien connaître la loi d’orientation des mobilités, pourtant essentielle pour déployer des infrastructures de recharge électrique. Les Schémas Directeurs d’Infrastructures de Recharge pour Véhicules Électriques (SDIRVE) restent méconnus ou inaccessibles pour une majorité de communes. Les disparités territoriales aggravent le problème : 77% des communes de plus de 10 000 habitants sont couvertes par un SDIRVE, contre seulement 26% des communes de moins de 2 000 habitants. Les petites communes, souvent dépourvues de services techniques étoffés, accumulent les handicaps.
59% demandent un accompagnement sur le montage financier : le blocage clé
Le montage financier constitue le principal obstacle identifié par 59% des maires. Mobiliser des subventions, structurer un plan de financement, arbitrer entre investissement direct et délégation de service public : autant de compétences que les élus locaux ne possèdent pas toujours. L’augmentation du soutien public aux énergies renouvelables montre que les moyens existent au niveau national, mais leur fléchage vers les collectivités demeure complexe. Les communes ont besoin d’ingénierie financière dédiée.
Méthodologie de transformation : établir l’état des lieux, planifier, agir
Face à ces difficultés, le SERCE propose une approche structurée. « L’enjeu n’est plus seulement d’informer les Maires, mais de leur permettre d’appréhender les projets avec méthode : établir l’état des lieux de son patrimoine, puis un plan d’actions, comparer les solutions techniques, et s’appuyer sur les acteurs techniques locaux », précise le syndicat. La transformation énergétique des collectivités requiert une gestion de projet rigoureuse, similaire à celle d’une entreprise engagée dans une démarche RSE.
La méthode SERCE : diagnostic, plan d’actions, comparaison des solutions
La méthode préconisée s’articule en trois étapes. D’abord, réaliser un diagnostic énergétique exhaustif du patrimoine communal pour identifier les postes de consommation prioritaires. Ensuite, élaborer un plan d’actions pluriannuel, en hiérarchisant les investissements selon leur rentabilité et leur impact carbone. Enfin, comparer les solutions techniques disponibles (pompes à chaleur, géothermie, solaire thermique, éclairage intelligent) pour choisir les options les plus adaptées. Environ 80% de l’industrie française est aujourd’hui électrifiable, selon Mathias Laffont, DG adjoint de l’Union Française de l’Électricité. Les collectivités peuvent s’inspirer de cette dynamique industrielle.
S’appuyer sur les acteurs techniques locaux : écosystème et partenariats
Le SERCE, qui représente plus de 500 entreprises de la transition énergétique et numérique (140 000 salariés, 25,3 milliards d’euros de chiffre d’affaires), insiste sur la mobilisation des acteurs locaux. Bureaux d’études, installateurs, syndicats d’énergie départementaux : un écosystème existe, mais reste sous-exploité. Les communes doivent structurer des partenariats durables, en s’appuyant sur des compétences de proximité. La gestion de la transition énergétique, comme celle de la retraite progressive, nécessite une approche collaborative et organisée.
Cas de succès : Saint-Didier-en-Velay et le pilotage de projet
L’exemple de Saint-Didier-en-Velay illustre la réussite d’une démarche méthodique. La commune a d’abord réalisé un audit énergétique de sa piscine municipale, identifiant le chauffage comme poste principal de dépense. Elle a ensuite comparé plusieurs technologies avant de retenir une pompe à chaleur, financée par des subventions régionales et un emprunt bonifié. Résultat : 52% de réduction de consommation et 34 000 euros d’économies annuelles. Le projet a été piloté en interne avec l’appui d’un bureau d’études local, démontrant qu’une commune de taille modeste peut réussir sa transition énergétique en s’appuyant sur une méthode rigoureuse et des partenaires compétents. Les élus locaux disposent désormais d’un référentiel d’action : reste à le diffuser massivement.

