44 climatologues signent une alerte commune : l’effondrement d’un courant océanique majeur pourrait plonger l’Europe dans un froid que personne n’anticipe

44 scientifiques tirent la sonnette d’alarme : le point de non-retour serait déjà franchi. Un effondrement qui bouleverserait le climat européen en quelques décennies seulement, bien plus tôt que prévu par le Giec.

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44 climatologues signent une alerte commune : l'effondrement d'un courant océanique majeur pourrait plonger l'Europe dans un froid que personne n'anticipe
44 climatologues signent une alerte commune : l’effondrement d’un courant océanique majeur pourrait plonger l’Europe dans un froid que personne n’anticipe © RSE Magazine

Quarante-quatre chercheurs originaires de 15 pays ont rédigé et signé une lettre alertant sur les dangers d’un effondrement du courant Amoc, la circulation méridienne de retournement atlantique. Le texte est adressé au Conseil nordique des ministres.

Les signataires estiment qu’un point de non-retour a été franchi concernant ce courant marin, dont l’effondrement aurait des conséquences qu’ils qualifient de terrifiantes. Selon eux, ce risque « a été largement sous-estimé », notamment par le Giec, le Groupe intergouvernemental d’experts sur l’évolution du climat.

Un risque que le Giec jugeait lointain

Dans son dernier rapport, le Giec affirmait avoir « une confiance assez moyenne concernant le fait que l’Amoc ne devrait pas s’effondrer brusquement avant 2100 ». Depuis cette publication, de nouvelles études évoquent un scénario bien plus rapproché : quelques dizaines d’années seulement.

Parmi les 44 signataires figure un Français, le Dr Didier Swingedouw, chercheur au CNRS. Les autres experts viennent de pays scandinaves, d’Australie, de Chine, d’Angleterre, d’Allemagne et des États-Unis. Leur lettre est destinée au Conseil nordique des ministres, l’organisation intergouvernementale qui réunit le Danemark, l’Islande, la Norvège, la Suède et la Finlande, ainsi que territoires autonomes : le Groenland, les îles Féroé et Åland.

L’Amoc transporte les eaux chaudes de l’Atlantique sud vers les hautes latitudes de l’Atlantique nord, où elles se refroidissent et forment des cellules de températures différentes qui redistribuent chaleur et carbone à travers plusieurs zones du globe. Le Gulf Stream n’en est qu’un segment, alerte RTBF.

Ce mécanisme influence fortement la météo de l’Europe, de l’Amérique et de l’Afrique. Or la hausse des températures en Antarctique affaiblit ce courant, qui assure de moins en moins son rôle de transport des eaux. Le réchauffement climatique a par ailleurs réduit la quantité d’eaux froides de fond et contribué à l’élévation du niveau de la mer.

Un refroidissement redouté en Europe

Les experts décrivent l’Amoc comme « le mécanisme dominant qui transporte de la chaleur à travers l’océan Atlantique, ce qui détermine la vie de tous les habitants de l’Arctique ». Un changement dans cette circulation serait, selon eux, « dévastateur avec des conséquences irréversibles pour les pays nordiques et d’autres pays du monde ».

En cas d’effondrement, un refroidissement majeur toucherait certaines régions du globe, en particulier les pays nordiques. La masse d’air froid qui circule déjà au-dessus de ces régions connaîtrait une extension considérable, menant à des « phénomènes météo extrêmes sans précédent » qui ne se limiteraient pas à la Scandinavie.

Tout le nord-ouest de l’Europe pourrait voir sa météo bouleversée, températures comme précipitations, avec des répercussions importantes sur l’agriculture. En météorologie, tout est connecté dans l’atmosphère : les conséquences dépasseraient largement les frontières nordiques.

Les signataires jugent que « l’adaptation à des conditions climatiques aussi extrêmes n’est pas une option viable ». Ils demandent au Conseil nordique des ministres de prendre toutes les mesures nécessaires pour empêcher le réchauffement de dépasser le seuil de +1,5 °C par rapport au niveau préindustriel. Un seuil que les dernières observations mentionnées dans leur lettre situent comme déjà atteint.

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