Le 22 juillet 2026 marque le jour de libération fiscale pour les salariés français, qui doivent travailler jusqu’à cette date pour financer impôts, charges et taxes. L’étude de l’Institut économique Molinari révèle une pression fiscale record de 55,6 %, soit quatre jours de plus qu’en 2025, plaçant la France en tête des pays les plus imposés d’Europe.
Le salarié moyen français ne travaille pour lui qu’à partir du 22 juillet
Le 22 juillet 2026 marque le jour de libération fiscale pour le salarié moyen célibataire en France. Jusqu’à cette date, la totalité de ses revenus sert théoriquement à financer impôts, cotisations sociales et taxes. Ce n’est qu’à partir du lendemain qu’il commence réellement à travailler pour lui. L’étude publiée par l’Institut économique Molinari, en partenariat avec le cabinet EY, confirme que la France conserve son rang peu enviable de championne européenne de la pression fiscale et sociale.
La fiscalité sur le salarié moyen atteint 55,6 % lorsqu’on tient compte des cotisations sociales, de la CSG et de la CRDS, de l’impôt sur le revenu et de la TVA. Un niveau inégalé depuis 2019, qui génère un recul de quatre jours de la libération fiscale par rapport à 2025. Derrière la France, l’Autriche se libère le 17 juillet avec une fiscalité de 54 %, suivie de près par la Belgique (53,99 %). L’Institut Molinari souligne que les actifs français se retrouvent en dernière position au sein de l’Union européenne.
Une remontée qui efface un tiers des gains depuis 2015
La pression fiscale atteint désormais 55,6 %, un niveau qui efface un tiers des gains de compétitivité et de pouvoir d’achat réalisés depuis 2015. La principale explication réside dans la suppression des taux réduits de cotisation patronale maladie et famille. Auparavant, le taux de cotisation patronale maladie était de 7 % du salaire brut au lieu de 13 %, celui de la cotisation famille de 3,45 % au lieu de 5,25 %. La mise en place d’une Réduction générale dégressive unique (RGDU) n’a pas suffi à compenser ces suppressions. Au total, le coût du travail augmente de 2,8 % du salaire brut pour un salarié moyen.
S’ajoute à cela l’augmentation du taux patronal de la cotisation d’assurance vieillesse. L’impôt sur le revenu, lui, progresse mécaniquement en raison du système de tranches : lorsque le salaire imposable augmente plus rapidement que la réévaluation des tranches d’imposition, l’impôt augmente même si les taux demeurent inchangés. Nicolas Marques, directeur général de l’Institut économique Molinari, résume la situation : « La pression sociale et fiscale sur le salarié moyen est anormalement élevée car la protection sociale, et en particulier la retraite, est mal financée. »
Un pouvoir d’achat amputé de 36 545 euros par an
Le salarié moyen français coûte 65 777 euros à son employeur. Mais après prélèvements obligatoires, il ne lui reste que 29 232 euros nets de charges et impôts. Les cotisations sociales, qui s’élèvent à 31 487 euros, représentent le premier rang de l’Union européenne. Elles dépassent même le salaire après impôts, un cas unique en Europe. Le système de retraite français, financé principalement par répartition, explique en partie l’ampleur de ces cotisations. Elles représentent 108 % du revenu disponible après impôts, contre une moyenne de 51 % dans l’UE. Elles constituent l’essentiel des prélèvements obligatoires sur le salarié moyen, soit 86 % du total, devant l’impôt sur le revenu (8 % ou 3 026 euros) et la TVA (6 % ou 2 032 euros).
Pour que le salarié moyen dispose de 100 euros de revenu supplémentaire, l’employeur doit débourser 225 euros. Un record européen qui illustre la complexité et la lourdeur du système fiscal français. Cécile Philippe, présidente de l’Institut économique Molinari et co-auteure de l’étude, alerte sur les conséquences : « Trop de taxes, c’est moins d’emplois, moins de recettes sociales et fiscales, plus de déficits et de dette. »
Les résultats de l’étude interpellent les décideurs politiques et les responsables d’entreprise. La France ne pourra pas durablement maintenir une fiscalité aussi élevée sans risquer de fragiliser davantage son tissu économique et social. Les exemples nordiques montrent qu’il est possible de concilier protection sociale de qualité et fiscalité plus modérée, à condition de moderniser les systèmes de financement, notamment en matière de retraite. Le débat sur la capitalisation retraite, longtemps tabou en France, revient au centre des discussions. Sans réforme structurelle, le jour de libération fiscale pourrait continuer à reculer dans les années à venir, aggravant encore la situation des salariés français face à leurs homologues européens.
