Santé mentale au travail : elle est prioritaire pour la moitié des jeunes employés

Les répercussions de l’environnement professionnel sur la santé mentale diffèrent également selon le genre.

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Inquiétudes sur la santé mentale des étudiants de médecine
Santé mentale au travail : elle est prioritaire pour la moitié des jeunes employés | RSE Magazine

La question de la santé mentale au travail s’impose comme un défi majeur pour les entreprises, tant par son impact sur le bien-être des salariés que sur la performance des organisations. Une enquête de mars 2025 menée par Ifop pour Moka.Care et le GHU Paris psychiatrie & neurosciences met en lumière des attentes fortes de la part des travailleurs : 9 salariés sur 10 estiment que leur entreprise doit jouer un rôle actif dans la protection de leur santé psychologique.

Un environnement de travail parfois délétère

Loin d’être un sanctuaire, le monde du travail peut se révéler éprouvant pour bon nombre de salariés. L’étude montre que 3 travailleurs sur 10 déclarent évoluer dans un environnement professionnel qui n’est ni sain ni respectueux. Les violences verbales et le harcèlement moral y sont une réalité préoccupante, observée ou vécue par un tiers des répondants. Ces comportements toxiques, s’ils ne sont pas pris en charge, favorisent le développement du stress chronique, de l’épuisement professionnel et du désengagement.

Or, la santé mentale s’impose comme un critère essentiel pour les nouvelles générations. Plus enclins à préserver leur équilibre psychologique, 56 % des Millennials et des travailleurs de la Génération Z considèrent leur bien-être mental comme prioritaire, quitte à ralentir leur activité professionnelle ou à quitter leur emploi. L’étude révèle que 20 % des moins de 35 ans ont déjà démissionné en raison d’une détérioration de leur état psychologique, soit deux fois plus que leurs aînés de plus de 50 ans. Il s’agit là d’n changement profond des attentes : le travail n’est plus perçu comme une finalité absolue, mais comme un élément qui doit s’intégrer harmonieusement dans la vie personnelle.

Les entreprises attendues au tournant par leurs salariés

Les répercussions de l’environnement professionnel sur la santé mentale diffèrent également selon le genre. Les femmes salariées se déclarent plus vulnérables aux troubles psychologiques liés à leur activité. L’enquête met en évidence que 45 % d’entre elles ont souffert de stress chronique à cause du travail, contre 26 % des hommes. De même, 35 % des femmes interrogées disent avoir connu un burn-out au cours des cinq dernières années, un chiffre nettement supérieur aux 21 % enregistrés chez les hommes.

L’un des enseignements majeurs de cette étude est la prise de conscience collective de l’enjeu que représente la santé mentale au travail. Si 40 % des salariés français ont déjà consulté un psychologue ou un psychiatre, ce chiffre grimpe à 50 % chez les moins de 35 ans et dans l’agglomération parisienne. Ce recours accru aux soins spécialisés témoigne d’un relâchement du tabou qui entourait autrefois la santé psychologique. De fait, les entreprises ne peuvent plus se contenter d’ignorer cette réalité. Elles doivent s’engager activement dans la mise en place de dispositifs de prévention et d’accompagnement.

Certaines organisations ont déjà amorcé une transformation en intégrant le bien-être mental dans leurs politiques de responsabilité sociétale. L’enjeu ne se limite pas uniquement à des actions ponctuelles, mais à une refonte en profondeur des pratiques managériales et des conditions de travail.

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