L’ouverture à la société s’ancre dans la gouvernance scientifique

Publié le
Lecture : 3 min
Science Organismes Charte Ouverture Societe
L’ouverture à la société s’ancre dans la gouvernance scientifique © RSE Magazine

Face aux risques sanitaires et environnementaux, l’ouverture de la science devient aussi un sujet de gouvernance. Un collectif d’organismes publics réaffirme une charte qui place le dialogue avec la société, la transparence et l’engagement participatif au cœur de ses pratiques, avec l’Institut national du cancer comme nouveau signataire.

Une ouverture à la société pensée comme un enjeu de confiance

Le 8 septembre 2026, l’Anses, le BRGM, l’Institut national du cancer, l’Ifremer, l’Ineris, INRAE, l’Université Gustave Eiffel et Santé publique France ont renouvelé leur engagement commun en faveur de l’ouverture à la société. La charte, adoptée en 2008 puis élargie en 2011, 2016 et 2020, accueille un nouveau signataire en 2026. Le collectif compte ainsi huit établissements signataires.

D’après cette charte, il s’agit d’expliquer les méthodes, partager les connaissances disponibles, reconnaître les incertitudes, ouvrir certains processus à la participation et rendre compte publiquement des progrès comme des difficultés. Autrement dit, la relation avec les parties prenantes n’est plus traitée comme un exercice ponctuel, mais comme une composante durable des activités de recherche, d’expertise et d’évaluation des risques.

Les signataires de la charte partent d’un constat simple : dérèglement climatique, pollutions multiples, érosion de la biodiversité et enjeux de souveraineté alimentent des préoccupations auxquelles la seule production de connaissances ne répond pas. Les signataires estiment qu’une expertise solide doit aussi être comprise, discutée et replacée dans un dialogue durable avec la société. La charte associe ainsi qualité scientifique, indépendance, transparence, compétence, partage, impartialité et absence de conflits d’intérêts. Elle maintient toutefois une limite explicite : l’ouverture ne remet pas en cause la confidentialité des données protégées par la loi.

Transparence et engagement : des axes concrets pour transformer les pratiques

La charte organise la démarche en deux ensembles de trois engagements ou objectifs, soit six axes de mise en œuvre. Le premier ensemble concerne directement la relation avec la société. Les organismes veulent accompagner les acteurs dans l’acquisition des compétences nécessaires à leur implication et prendre en compte leurs contributions dans les processus de recherche, d’expertise ou d’évaluation. Ils prévoient également de partager non seulement les connaissances disponibles, mais aussi les incertitudes, les ignorances, les questionnements et les controverses. Enfin, ils s’engagent à rendre publics, dès que possible, les résultats finaux et les méthodes utilisées pour les obtenir.

Le second ensemble de trois objectifs porte sur l’organisation interne. Il s’agit de renforcer la capacité des personnels et des étudiants à dialoguer avec la société et à participer à des démarches participatives, d’identifier puis de mobiliser les ressources nécessaires à l’implication des acteurs, et de développer des outils de pilotage capables de rendre compte publiquement des avancées comme des difficultés. La logique est importante : l’ouverture n’est pas présentée comme une simple posture de communication, mais comme une politique qui demande des compétences, des moyens et des mécanismes de suivi.

Cette architecture fait de la transparence un processus plutôt qu’un résultat final. Publier une conclusion scientifique ne suffit pas si les méthodes restent opaques, si les incertitudes ne sont pas explicitées ou si les acteurs concernés ne disposent pas des moyens de comprendre et de contribuer. Le texte installe ainsi une forme de redevabilité scientifique : rendre visible ce qui est connu, ce qui ne l’est pas encore, la manière dont les travaux sont conduits et les conditions dans lesquelles la participation est organisée.

L’arrivée de l’Institut national du cancer donne une portée particulière à cette nouvelle étape. « La recherche en cancérologie doit poursuivre ses efforts pour toujours mieux comprendre les risques et répondre à la préoccupation croissante des citoyens. En rejoignant ce réseau, l’Institut réaffirme son engagement en faveur de la science ouverte, d’un dialogue renforcé entre recherche et société ainsi que son soutien aux démarches de recherche participative inscrites dans la stratégie décennale de lutte contre les cancers », a déclaré Nicolas Scotté, directeur général de l’Institut national du cancer.

Laisser un commentaire