Le Gaulois et Maître Coq abandonnent l’élevage intensif, L214 souffle : « avancée historique »

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Elevage Intensif Poulet
Le Gaulois et Maître Coq abandonnent l’élevage intensif, L214 souffle : « avancée historique » © RSE Magazine

Maître Coq, marque emblématique du groupe LDC, a surpris le secteur le 17 juillet 2025 en annonçant l’abandon progressif des méthodes d’élevage intensif pour ses poulets. Une décision relayée en France, suscitant autant l’admiration de certains que l’étonnement devant ce virage incomplet.

L’abandon de l’élevage intensif, une victoire pour L214 et les mobilisations citoyennes

Le groupe LDC, via ses marques Maître Coq et Le Gaulois, entame une transformation profonde. Il promet de se conformer aux critères du European Chicken Commitment (ECC) d’ici 2028, de quoi impacter 400 millions de poulets par an.

Cette charte impose plusieurs exigences : densité maximale limitée à 15 poulets/m², suppression des souches à croissance ultrarapide, enrichissements environnementaux (lumière naturelle, perchoirs, blocs à picorer) et arrêt immédiat du procédé d’accrochage des oiseaux conscients à l’abattoir.

L’association L214 éthique & animaux salue aussitôt une « avancée historique » et affirme que Le Gaulois et Maître Coq abandonnent les pires pratiques d’élevage intensif. Selon elle, c’est l’aboutissement de trois années de campagne publique et de pressions constantes sur le groupe LDC.

La mobilisation concrète fait pression

Depuis 2021, actions de terrain (notamment à Besançon), pétitions, enquêtes, affichage public ont rythmé une campagne massive baptisée « Tournons le dos ». En 2024, 190.000 barquettes des marques concernées ont été retournées dans les rayons des supermarchés par les consommateurs pour manifester leur rejet de l’élevage intensif. Selon L214, cette mobilisation locale et nationale a joué un rôle déterminant dans l’engagement formel de LDC.

LDC, détenteur de 40% du marché hexagonal de la volaille, se devait de réagir. Le virage de Maître Coq et Le Gaulois envoie un signal fort à d’autres acteurs comme Terrena, Plukon ou Maïsadour, encore absents de l’ECC, tout en répondant à un public de plus en plus sensible aux conditions de production.

Le respect de l’ECC, aligné sur les recommandations de l’Autorité européenne de sécurité des aliments, réduit drastiquement le temps de souffrance des animaux (jusqu’à 78% selon le Welfare Footprint Project) et anticipe d’éventuelles évolutions législatives.

Ce que repousse encore Maître Coq

L’engagement est cadré sur trois ans : l’abandon des pratiques intensives ne sera effectif qu’en 2028. Ce calendrier laisse pour l’instant subsister des pratiques contestées, notamment en termes de densité ou d’élevages ultrarapides, tant que les critères ECC ne sont pas atteints. Le mouvement ne concerne pour l’instant que les poulets de chair des deux marques : les autres productions du groupe LDC (dinde, canard, plats cuisinés, etc.) ne sont pas mentionnées dans l’engagement public.

L214 : une mobilisation systématique

L214 a implicitement démontré qu’une pression citoyenne ciblée — opération « Tournons le dos », pétitions, campagnes visibles — peut contraindre un géant de l’agroalimentaire à changer de modèle, ou du moins à annoncer sa transition publique.

L’association confirme sa posture welfariste, tout en revendiquant un objectif abolitionniste à long terme. Pour L214, cette victoire renforce sa légitimité en tant que lanceur d’alerte et agitateur social.

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