Jeff Bezos avait promis 10 milliards de dollars pour combattre le changement climatique en 2020 ; 6 ans plus tard, son Earth Fund a investi plus de 25 millions dans la protection de l’océan Pacifique

25 millions de dollars pour sauver l’océan Pacifique : cinq nations insulaires misent gros face à la chaleur record de 2025. Découvrez comment Lauren Sánchez Bezos orchestre ce pari à 100 millions.

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Jeff Bezos avait promis 10 milliards de dollars pour combattre le changement climatique en 2020 ; 6 ans plus tard, son Earth Fund a investi plus de 25 millions dans la protection de l'océan Pacifique
Jeff Bezos avait promis 10 milliards de dollars pour combattre le changement climatique en 2020 ; 6 ans plus tard, son Earth Fund a investi plus de 25 millions dans la protection de l’océan Pacifique © RSE Magazine

Le Bezos Earth Fund a annoncé, le 17 septembre, l’octroi de plus de 25 millions de dollars de subventions destinées à la conservation océanique dans cinq nations du Pacifique : les Îles Cook, Kiribati, la Papouasie-Nouvelle-Guinée, les Tonga et le Vanuatu, rapporte le Times of India. Ces fonds doivent aider les gouvernements concernés à protéger de vastes zones de territoire marin tout en élaborant des plans de gestion sur le long terme.

Ce nouveau cycle porte à 63,3 millions de dollars le total des subventions accordées dans le cadre d’un engagement plus large de 100 millions de dollars pour la région, baptisé « Unlocking Blue Pacific Prosperity ». Un premier volet de 37,5 millions de dollars avait déjà été distribué en 2025.

L’objectif affiché par le fonds est de protéger au moins 30 % des eaux du Pacifique d’ici 2030. Les projets financés concernent plus de 625 000 miles carrés d’océan.

C’est Lauren Sánchez Bezos, vice-présidente du Bezos Earth Fund depuis sa création, qui pilote ce nouveau cycle de subventions. Elle avait déjà annoncé le premier volet l’an dernier. Elle a déclaré dans un communiqué que là-bas, l’océan n’est pas juste une belle vue, mais la route, le garde-manger, l’arrière-cour.

Une première zone marine protégée en mer pour la Papouasie-Nouvelle-Guinée

Les financements doivent permettre à la Papouasie-Nouvelle-Guinée de créer sa première grande zone marine protégée en mer. Les Tonga, eux, étendent des zones déjà existantes. Un soutien ira aussi au parc océanique Marae Moana, aux Îles Cook, ainsi qu’à la planification de protection des habitats à Kiribati et au Vanuatu.

Selon The MPA Guide, référentiel conçu avec l’Union internationale pour la conservation de la nature, les zones les plus strictement protégées peuvent interdire totalement la pêche, l’extraction minière et toute autre activité extractive.

Une subvention distincte vise l’organisation Rare, chargée d’aider les gouvernements du Pacifique à rédiger certaines des premières propositions de protection de la haute mer, dans le cadre du traité des Nations unies sur la haute mer, entré en vigueur en janvier.

Ces annonces interviennent alors que le Pacifique Sud-Ouest subit une pression croissante liée au réchauffement et à l’acidification de l’océan. Un rapport de l’Organisation météorologique mondiale publié en juillet relève que la région a connu sa deuxième année la plus chaude jamais enregistrée en 2025, avec des vagues de chaleur marines qui perturbent les écosystèmes et les pêcheries.

Armida Salsiah Alisjahbana, secrétaire exécutive de la Commission économique et sociale des Nations unies pour l’Asie et le Pacifique, a résumé ce basculement dans un communiqué, expliquant que la chaleur intensifie les risques multiples, en interaction avec les systèmes alimentaires, la santé publique, les infrastructures et les océans, et fait peser de nouvelles pressions sur la santé et les moyens de subsistance.

Le fonds revendique déjà des résultats concrets. Dix-sept des 22 pays du Pacifique travaillent désormais à la protection ou à la gestion durable de leurs eaux. La Polynésie française, bénéficiaire d’un précédent cycle, a mis en place en 2026 ce que le fonds décrit comme le plus grand réseau au monde de zones marines entièrement protégées, couvrant près de 625 000 miles carrés. Niue a de son côté déjà protégé 40 % de ses eaux nationales.

Cette initiative pour le Pacifique s’inscrit dans l’engagement bien plus vaste pris par Jeff Bezos en 2020 : 10 milliards de dollars pour la lutte contre le changement climatique, à distribuer d’ici fin 2030. Près de sept ans plus tard, environ 2,4 milliards de dollars ont été accordés, laissant 7,6 milliards de dollars encore à distribuer.

Dans un entretien accordé à CNN en 2022, le fondateur d’Amazon avait reconnu la difficulté de l’exercice, estimant que construire Amazon n’était pas facile et que la charité, la philanthropie, c’est très similaire.

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