Ils dépensent 5 millions de dollars pour libérer 30 oiseaux rares dans la nature : six mois plus tard, les prédateurs en ont déjà dévoré 29

L’urogallo cantabrique, symbole de la biodiversité, est au bord de l’extinction avec moins de 300 individus restants.

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Ils dépensent 5 millions de dollars pour libérer 30 oiseaux rares dans la nature : six mois plus tard, les prédateurs en ont déjà dévoré 29
Ils dépensent 5 millions de dollars pour libérer 30 oiseaux rares dans la nature : six mois plus tard, les prédateurs en ont déjà dévoré 29 © RSE Magazine

L’urogallo cantabrique, une sous‑espèce du grand tétras, symbolise la lutte pour la biodiversité en Espagne. Face à son statut critique d’extinction, des actions de conservation sont en cours pour renforcer ses populations dans le nord montagneux de l’Espagne. La récente réintroduction menée à León, malgré les obstacles, offre des éléments pour mieux comprendre et tenter de sauver cette espèce emblématique.

Un emblème de la biodiversité en péril

L’urogallo cantabrique, connu scientifiquement sous le nom de Tetrao urogallus cantabricus, est une sous‑espèce propre aux montagnes de la cordillère Cantabrique. Autrefois, au milieu du XXe siècle, plusieurs milliers d’individus étaient recensés. Aujourd’hui, leur nombre est tombé à moins de 300 individus à l’état sauvage, ce qui les place en danger critique d’extinction.

Le projet en cours, dans la province de León, utilise la Zone de Protection Spéciale pour les Oiseaux (ZEPA) Alto Sil comme principal site de réintroduction. Ce territoire est considéré comme déterminant pour la survie de l’urogallo cantabrique. Le Centre d’Élevage et Réserve Génétique de Valsemana joue un rôle central dans la production des oiseaux destinés au lâcher.

Comment s’est passée la réintroduction

Pour tenter de relancer les populations sauvages, 30 oiseaux, nés en captivité, ont été relâchés. Avant leur libération, ils ont séjourné plusieurs semaines dans des enclos d’acclimatation, répartis en cinq groupes pour mieux se familiariser avec le milieu naturel. Cette acclimatation progressive vise à maximiser les chances de survie après la libération, et les premiers signes semblaient plutôt encourageants.

La phase initiale a aussi mobilisé des dispositifs GPS et des émetteurs VHF pour suivre chaque oiseau de près. Malgré ce suivi, après 180 jours, une seule femelle était encore en vie, soit un taux de survie de 3,4 %, rapporte Cronista.

La prédation : un obstacle majeur

La prédation a été la principale cause de mortalité. Les renards ont causé 12 décès confirmés, les rapaces6 prédations, et les martres4 autres cas. Ces pertes représentent 22 décès confirmés dus à des prédateurs naturels. Au total, 29 des 30 oiseaux relâchés ont péri, un bilan qui interpelle sur les défis persistants auxquels sont confrontés les responsables de la conservation malgré leurs efforts.

Bilan et perspectives pour la conservation

Plus de 4,6 millions d’euros ont été investis dans ce projet, ce qui peut laisser penser que le résultat financier est discutable au regard des pertes immédiates. Pourtant, selon les responsables du programme, le projet n’est pas vain. Les données collectées éclairent la dynamique hostile du milieu naturel (prédateurs, difficultés d’adaptation, etc.) et servent à préparer de futures stratégies de sauvegarde, malgré la réaction inattendue de la nature.

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