Ils acheminent de l’eau de l’océan vers des mines en plein désert à près de 4 000 mètres d’altitude, une œuvre qui défie les Andes

Un pipeline de 195 km grimpant à 4 400 mètres d’altitude, une usine géante à Puerto Patache… et pourtant la justice chilienne vient de tout bloquer. Pourquoi ce revirement soudain ?

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Ils acheminent de l'eau de l'océan vers des mines en plein désert à près de 4 000 mètres d'altitude, une œuvre qui défie les Andes
Source : Diario Uno | RSE Magazine

Le 15 mai 2026, le Deuxième Tribunal environnemental du Chili a accueilli une réclamation déposée par des associations indigènes de Caleta Chanavaya et annulé l’autorisation environnementale qui couvrait le projet de désalinisation porté par la Compañía Minera Doña Inés de Collahuasi. La décision touche un chantier censé alimenter en eau de mer une exploitation minière du nord du pays.

Le tribunal ordonne au Service d’évaluation environnementale de reprendre son examen sur des points précis : les conséquences du projet sur les communautés côtières et les effets possibles du rejet hypersalin sur le milieu marin. Des organisations et des habitants riverains dénoncent depuis plusieurs mois les risques liés au captage d’eau de mer et au déversement de saumure.

Un pipeline de 195 kilomètres jusqu’à 4 400 mètres d’altitude

Le projet fait partie du programme C20+, lancé par Collahuasi pour garantir l’approvisionnement en eau de ses opérations tout en réduisant sa dépendance aux rivières et aux nappes continentales, explique Diario Uno. L’objectif est de dessaliniser l’eau de mer sur la côte, puis de la faire remonter sur des centaines de kilomètres jusqu’à la mine.

Une usine de désalinisation est installée à Puerto Patache, dans la région de Tarapacá, avec une capacité projetée de 1 050 litres d’eau par seconde. L’eau, traitée par osmose inverse, une technologie qui sépare les sels de l’eau captée, est ensuite acheminée par une conduite de 195 kilomètres jusqu’au secteur d’Ujina, où se trouvent les installations minières de Collahuasi, à environ 4 400 mètres d’altitude.

Pour franchir ce dénivelé de plusieurs milliers de mètres, l’infrastructure s’appuie sur cinq stations de pompage et une station de transfert capable de stocker environ 49 500 mètres cubes d’eau. Une turbine Pelton récupère une partie de l’énergie grâce à la différence d’altitude entre les installations. Le procédé d’osmose inverse génère en contrepartie une saumure concentrée, qui doit être restituée à l’océan sous contrôle environnemental, exactement le point que le tribunal demande de réexaminer.

La construction du système de pompage a débuté en 2022. En avril 2026, l’entreprise Techint a annoncé l’achèvement de ces travaux. Mais l’avancement du pompage ne signifie pas que l’ensemble du dispositif fonctionne : l’usine de désalinisation et le transport effectif de l’eau restent des étapes distinctes.

Des organisations et des communautés côtières s’inquiètent aussi des conséquences du projet sur les activités traditionnelles et les usages de l’espace maritime aux abords de Punta Patache.

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