Il a 14 ans et il « fabrique » de l’eau en plein désert : les ingénieurs n’en reviennent pas de la simplicité de son invention

Un ado de 14 ans transforme la vapeur d’air en eau pour sauver les jeunes arbres du désert chinois, sans électricité ni pompe. Sa trouvaille, née dans une cuisine, pourrait révolutionner le reboisement mondial.

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Il a 14 ans et il « fabrique » de l'eau en plein désert : les ingénieurs n'en reviennent pas de la simplicité de son invention
Source : Xataka | RSE Magazine

Jia Mingxuan, un garçon chinois de 14 ans, a mis au point un système d’irrigation passif capable de récupérer l’humidité de l’air pour produire de l’eau dans les zones désertiques. Sans électricité, sans pompe et sans réservoir, le dispositif exploite un simple gradient thermique pour condenser la vapeur atmosphérique. L’objectif : garder en vie les jeunes arbres plantés dans les régions du nord de la Chine menacées par la désertification.

Concrètement, le système repose sur des tubes en acier partiellement enterrés dans le sol, associés à des bouteilles en plastique recyclées. La différence de température entre la portion souterraine du tube et l’air extérieur crée les conditions propices à la condensation de l’humidité ambiante. L’eau ainsi produite s’écoule naturellement jusqu’aux racines de l’arbre. Une ouverture placée en partie supérieure laisse circuler l’air et entretient le phénomène, même dans des environnements très secs.

L’idée n’est pas née dans un laboratoire, mais dans la cuisine familiale à Chifeng, ville du nord de la Chine. Jia Mingxuan avait remarqué que des gouttelettes se formaient sur les surfaces froides les jours où l’air était humide. De cette observation banale, il a tiré l’intuition de reproduire le principe à plus grande échelle.

Pour affiner son prototype, l’adolescent a parcouru à plusieurs reprises environ 30 kilomètres afin de déterrer son dispositif, mesurer la quantité d’eau récoltée et corriger sa conception, selon le média brésilien Xataka.

La survie des jeunes pousses, principal obstacle de la Grande Muraille verte

Le projet s’inscrit dans la Grande Muraille verte, le vaste programme chinois de reboisement destiné à freiner l’avancée des déserts. Dans les années 1960, la région recevait environ 380 millimètres de pluie par an, un niveau si faible qu’il favorisait la formation de dunes mobiles et de sols exposés, selon les autorités locales impliquées dans le programme. La couverture forestière dépasse, après intervention environnementale, 40 %, mais l’équilibre reste fragile.

Le principal obstacle du programme demeure la survie des jeunes arbres pendant leurs premiers mois. L’irrigation manuelle est lente, coûteuse et difficile à maintenir dans la durée, tandis que les vents forts déstabilisent les jeunes racines. Des milliers de plants continuent de mourir faute d’irrigation adéquate, en particulier dans les zones reculées.

Le système de Jia Mingxuan apporte de petites quantités d’eau directement aux racines, augmentant les chances de survie des plantations les plus vulnérables. L’adolescent a d’ailleurs constaté qu’augmenter le taux de survie des arbres déjà en terre pouvait s’avérer plus efficace que d’en planter toujours davantage.

L’invention lui a valu des prix et une reconnaissance locale. Elle a aussi retenu l’attention de spécialistes du contrôle du sable, pour qui elle illustre une transition générationnelle dans la manière d’aborder le reboisement. Jia Mingxuan collabore désormais avec une équipe de chercheurs à Shanghai pour améliorer la stabilité du dispositif.

Ces travaux portent sur des matériaux alternatifs, bioplastiques et alliages légers, afin d’évaluer une production à plus grande échelle sans alourdir l’impact environnemental du système.

Des chercheurs liés à des programmes de lutte contre la désertification estiment que la technologie pourrait s’adapter à d’autres régions semi-arides, comme le Sahel africain ou certaines zones du sud de l’Europe. Selon eux, des solutions simples, ne dépendant pas de l’électricité, peuvent faire la différence lors des premiers stades d’une reforestation.

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