Droits humains, climat, lutte contre la corruption : le SBF 120 en tête de la durabilité

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Droits humains, climat, lutte contre la corruption : le SBF 120 en tête de la durabilité © RSE Magazine

Alors que les exigences réglementaires en matière de responsabilité sociétale se renforcent et que les attentes des investisseurs évoluent, les entreprises françaises les plus avancées sur les enjeux ESG se distinguent par leur capacité à mesurer, piloter et rendre compte de leurs actions. Les résultats de l’étude 2025 des Communications sur le Progrès montrent que les groupes du SBF 120 occupent une place de premier plan dans cette dynamique de durabilité.

La durabilité au cœur de la gouvernance des entreprises du SBF 120

Le 18 juin 2026, le Pacte mondial de l’ONU – Réseau France a publié la deuxième édition de son étude consacrée aux Communications sur le Progrès (CoP). Cette analyse porte sur les déclarations réalisées en 2025 par 1.366 entreprises françaises adhérentes au Pacte mondial. Parmi elles figurent 64 entreprises du SBF 120, dont les résultats témoignent d’un niveau de maturité particulièrement élevé sur les questions de durabilité.

Les Communications sur le Progrès constituent un exercice annuel de transparence imposé aux adhérents du Pacte mondial des Nations Unies. Elles permettent aux entreprises de rendre compte de leurs engagements, de leurs actions et de leurs résultats autour de quatre grands piliers : la gouvernance, les droits humains et les normes du travail, l’environnement ainsi que la lutte contre la corruption. Contrairement à une certification, il s’agit d’un dispositif déclaratif standardisé permettant des comparaisons internationales.

L’étude met en évidence un niveau d’intégration particulièrement avancé de la durabilité au sein des grandes entreprises françaises cotées. L’un des indicateurs les plus révélateurs concerne la rémunération des dirigeants. Selon le Pacte mondial de l’ONU – Réseau France, 97% des entreprises du SBF 120 répondantes ont intégré des critères environnementaux dans la part variable de rémunération de leurs cadres dirigeants. Cette proportion contraste fortement avec la moyenne nationale, qui s’établit à seulement 20 % pour l’ensemble des entreprises répondantes.

La gouvernance durable passe également par le renforcement des dispositifs de vigilance. Selon l’étude, 78% des entreprises françaises disposent désormais de processus destinés à identifier, prévenir et atténuer les impacts négatifs liés aux enjeux ESG. Cette proportion atteint des niveaux encore plus élevés parmi les grandes entreprises.

Les groupes du SBF 120 affichent également une forte progression sur les questions de diversité. Les entreprises françaises participantes comptent en moyenne 33,7% de femmes aux postes de direction. Ce chiffre dépasse l’objectif de 30% imposé depuis mars 2026 par la loi Rixain aux entreprises de plus de 1.000 salariés.

Enfin, la transparence des informations extra-financières progresse. Plus de 900 entreprises interrogées publient déjà des rapports de durabilité complémentaires à leur Communication sur le Progrès. Parmi elles, 454 ont déjà été concernées par la directive CSRD, tandis que 241 utilisent le référentiel GRI et 199 s’appuient sur la Science Based Targets initiative (SBTi).

Durabilité, droits humains et normes du travail : le SBF 120 en avance

Les résultats relatifs aux droits humains et aux normes du travail confirment également l’avance des grands groupes français. Selon l’étude, 93% des entreprises du SBF 120 mesurent leurs progrès dans ce domaine à travers des objectifs et des indicateurs dédiés. À titre de comparaison, seules 50% des entreprises françaises répondantes disposent d’objectifs annuels de suivi sur ces sujets.

Les priorités identifiées concernent principalement la santé et sécurité au travail, la non-discrimination et l’égalité entre les femmes et les hommes. À l’échelle nationale, 87% des entreprises déclarent agir sur la santé et sécurité au travail, 79% contre les discriminations et 78% pour l’égalité des genres.

Les grandes entreprises apparaissent également plus vigilantes concernant les risques présents dans leur chaîne de valeur. Ainsi, 64% des entreprises du SBF 120 identifient les enjeux liés au travail des enfants et au travail forcé comme des sujets potentiellement liés à leurs activités ou à leurs fournisseurs, contre des niveaux sensiblement plus faibles chez les PME.

L’étude montre également que 90% des entreprises du SBF 120 disposant d’accords collectifs offrent des conditions de rémunération ou de couverture santé supérieures aux exigences légales. La moyenne nationale atteint 69%.

Cette capacité à mesurer les résultats constitue l’un des principaux facteurs différenciants. Les entreprises françaises sont déjà plus avancées que leurs homologues européennes sur ce terrain. En moyenne, 50% des entreprises françaises suivent leurs progrès en matière de droits humains, contre 45% dans le reste de l’Europe.

Changement climatique, énergie et traitement des déchets : des performances élevées

Les écarts se creusent davantage encore sur les questions environnementales. L’étude révèle que 100% des entreprises du SBF 120 répondantes ont mené des actions de lutte contre le changement climatique au cours de la période étudiée. À l’échelle de l’ensemble des entreprises françaises, cette proportion atteint déjà un niveau élevé de 82%.

Les entreprises françaises concentrent principalement leurs efforts sur trois domaines : l’énergie, citée par 85% des répondants, le traitement des déchets, à 83%, et la lutte contre le changement climatique, à 82%.

Les entreprises du SBF 120 se distinguent également par leur capacité à mesurer précisément leurs émissions de gaz à effet de serre. Selon l’étude, 91% d’entre elles ont réalisé une évaluation couvrant les trois périmètres d’émissions – Scope 1, Scope 2 et Scope 3. La moyenne nationale demeure nettement plus faible, à 38%.

La question de l’économie circulaire progresse également. Parmi les entreprises agissant sur le traitement des déchets, 73% ont mis en place des démarches de réemploi ou de circularité. Ce résultat dépasse celui observé dans le reste de l’Europe, où il atteint 63%.

Toutefois, certains défis demeurent. Seules 25% des entreprises françaises disposent aujourd’hui d’un plan d’adaptation au changement climatique. Même si les grandes entreprises atteignent 63%, ce sujet reste considéré comme l’un des principaux axes de progression pour les prochaines années.

Corruption : une maturité élevée mais des efforts à poursuivre

Les résultats montrent une forte diffusion des dispositifs de conformité. En France, 90% des entreprises répondantes disposent déjà d’un programme anticorruption ou d’une politique interne dédiée. Cette proportion atteint 100 % parmi les grandes entreprises. Les groupes du SBF 120 affichent également des performances élevées en matière de sensibilisation. Selon le Pacte mondial de l’ONU – Réseau France, 83 % des entreprises du SBF 120 ont formé l’ensemble de leurs salariés aux enjeux de lutte contre la corruption.

L’extension de ces politiques à la chaîne de valeur progresse également. Parmi les entreprises dotées d’un programme de conformité, 76% des entreprises du SBF 120 l’appliquent à leurs fournisseurs et partenaires.

Des marges d’amélioration subsistent néanmoins. À l’échelle nationale, seulement 7% des entreprises françaises ont formé leurs fournisseurs et prestataires externes à ces enjeux. Ce taux reste inférieur à celui observé dans le reste de l’Europe, où il atteint 12%.

Les résultats globaux de l’étude soulignent enfin l’importance de l’engagement dans la durée. Les entreprises adhérentes au Pacte mondial depuis plus de dix ans affichent systématiquement des niveaux de maturité supérieurs, notamment sur l’intégration de la chaîne de valeur, les investissements bas carbone ou l’adaptation climatique. Une dynamique qui confirme le rôle central de la transparence et du reporting dans l’accélération de la durabilité des entreprises françaises.

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