EKIP veut faire des avantages salariés un levier concret de RSE

L’enjeu stratégique est clair : EKIP ne veut plus seulement accompagner la pause déjeuner. L’entreprise étend son modèle aux vacances, au sport et à la culture, avec l’ambition de devenir une plateforme multi-avantages.

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Rôle des salariés dans l'entreprise, la vision libérale du partage du pouvoir
EKIP veut faire des avantages salariés un levier concret de RSE © RSE Magazine

Avec une levée de fonds de 1,5 million d’euros, la Fintech à impact EKIP accélère son passage du titre-restaurant responsable à une plateforme globale d’avantages salariés. Son ambition : transformer des dispositifs RH souvent perçus comme administratifs en outils de pouvoir d’achat, d’engagement collaborateur et de transition écologique.

Une levée de fonds pour changer d’échelle

EKIP franchit une nouvelle étape. La jeune entreprise annonce une levée de fonds de 1,5 million d’euros en equity, réalisée auprès de ses investisseurs historiques, du club de business angels ShareInvest et de membres de l’équipe fondatrice. L’opération intervient alors que la société revendique près de 16 millions d’euros de volume d’affaires géré depuis sa création.

Cette levée n’a rien d’un simple financement de croissance. Elle traduit une évolution stratégique plus profonde : EKIP veut dépasser son positionnement initial autour du titre-restaurant éco-responsable pour devenir une plateforme globale d’avantages salariés responsables.

Trois priorités : croissance, inclusion, sécurité

Les fonds levés seront affectés à trois chantiers structurants.

Le premier concerne l’accélération commerciale. EKIP prévoit cinq recrutements en 2026, dont quatre profils commerciaux et un profil communication, afin de renforcer son déploiement national et d’évangéliser le marché des avantages salariés responsables.

Le deuxième porte sur l’inclusion numérique. Jusqu’ici principalement centrée sur une application mobile, la solution doit désormais s’ouvrir à une interface Web complète. Ce choix répond à un enjeu souvent sous-estimé dans les politiques RH digitalisées : garantir que tous les salariés puissent accéder au dispositif, quel que soit leur équipement ou leur aisance avec le smartphone.

Le troisième chantier est celui de la sécurité. EKIP entend renforcer son infrastructure cyber, notamment dans la perspective du basculement vers le tout-numérique des titres-restaurant. L’entrée au capital de Joseph Graceffa, présenté comme business angel et expert IT, s’inscrit dans cette logique de robustesse et de confiance.

Du titre-restaurant à la plateforme multi-avantages

L’enjeu stratégique est clair : EKIP ne veut plus seulement accompagner la pause déjeuner. L’entreprise étend son modèle aux vacances, au sport et à la culture, avec l’ambition de devenir une plateforme multi-avantages. Le principe reste le même : les titres sont utilisables largement, mais les choix considérés comme durables déclenchent un bonus financier sous forme de cashback, compris entre 5 % et 20 %.

Ce mécanisme constitue le cœur de la proposition de valeur. Plutôt que de demander aux salariés de modifier leurs comportements au nom d’une injonction environnementale, EKIP crée une incitation positive : le choix responsable devient aussi un choix économiquement avantageux.

Rendre la consommation responsable plus désirable

C’est là que le modèle d’EKIP s’insère dans une logique RSE plus large. Beaucoup d’entreprises peinent à passer d’une RSE déclarative à une RSE vécue. Les engagements climat, les chartes achats responsables ou les rapports extra-financiers restent souvent éloignés de l’expérience quotidienne des collaborateurs.

Les avantages salariés, eux, touchent directement la vie de travail : déjeuner, loisirs, vacances, culture, mobilité. En les orientant vers des usages plus responsables, l’entreprise peut relier sa stratégie RSE à des arbitrages concrets et réguliers.

EKIP transforme ainsi un outil RH classique en support de changement comportemental. Le salarié conserve une liberté d’usage, mais l’entreprise encourage financièrement les choix alignés avec ses objectifs sociaux et environnementaux.

Les vacances comme terrain d’arbitrage climatique

L’exemple des vacances illustre le positionnement assumé de la société. EKIP prévoit des bonus pour les mobilités douces et les hébergements éco-responsables, en citant notamment des acteurs comme GreenGo, la SNCF ou Sailcoop. Plus significatif encore : les billets d’avion sont rendus inéligibles aux titres vacances afin d’orienter les dépenses vers le tourisme bas-carbone.

Ce choix est intéressant car il marque une différence avec les plateformes d’avantages généralistes. Là où beaucoup d’acteurs cherchent surtout à élargir leur réseau d’acceptation, EKIP assume une forme de sélection. La promesse n’est pas seulement de donner plus d’avantages, mais de rendre ces avantages cohérents avec une trajectoire de transition.

Un outil RH au service de la marque employeur

Pour les directions RH, l’intérêt dépasse la seule dimension environnementale. Dans un contexte de tensions sur le pouvoir d’achat et d’attentes accrues des salariés vis-à-vis de leur employeur, les avantages responsables peuvent devenir un marqueur de différenciation.

Ils répondent à trois objectifs simultanés : améliorer l’expérience collaborateur, soutenir le pouvoir d’achat et donner une traduction concrète aux engagements RSE de l’entreprise.

Cette articulation est précieuse. Une politique RSE peut paraître abstraite lorsqu’elle se limite à des objectifs carbone ou à des indicateurs de reporting. Elle devient plus lisible lorsqu’elle se matérialise dans des usages quotidiens, visibles par les équipes.

Une réponse aux enjeux de management durable

Le modèle d’EKIP s’inscrit aussi dans une transformation plus profonde du management. Les entreprises ne sont plus seulement attendues sur leur capacité à réduire leurs impacts directs. Elles doivent aussi embarquer leurs parties prenantes, à commencer par leurs salariés.

Or, embarquer ne signifie pas seulement sensibiliser. Cela suppose de créer des dispositifs simples, accessibles et incitatifs. En associant cashback, consommation responsable et avantages salariés, EKIP cherche précisément à réduire l’écart entre intention et action.

Cette approche peut aider les entreprises à dépasser l’un des angles morts de la RSE : la difficulté à transformer les engagements collectifs en comportements individuels sans culpabilisation ni complexité excessive.

La mobilité durable en ligne de mire

La prochaine étape annoncée concerne le Forfait mobilités durables. EKIP prévoit de lancer une offre dédiée afin de soutenir les trajets du quotidien à faible empreinte carbone.

Ce développement renforce la cohérence de la plateforme. La mobilité domicile-travail est un sujet central pour les entreprises, à la croisée de la qualité de vie, de l’attractivité RH, de la politique carbone et de l’ancrage territorial.

En intégrant ce dispositif à une plateforme d’avantages, EKIP pourrait simplifier son déploiement et en faire un outil plus visible pour les salariés.

Vers une épargne salariale engagée

EKIP affiche également une ambition pour 2027 : déployer une solution d’épargne salariale engagée.

Cette perspective est stratégique. Elle ferait entrer l’entreprise dans un registre plus structurant encore, celui de l’orientation de l’épargne des salariés. Après la consommation quotidienne, les loisirs et la mobilité, l’épargne permettrait d’élargir la promesse à la finance responsable.

Si elle se concrétise, cette évolution pourrait faire d’EKIP non plus seulement un acteur des avantages salariés, mais une plateforme de pilotage RH-RSE à part entière.

Une RSE par les usages

L’intérêt d’EKIP tient finalement à son positionnement : faire de l’avantage salarié un outil de management responsable.

Dans beaucoup d’organisations, la RSE reste encore trop souvent cantonnée à des directions spécialisées, à des rapports annuels ou à des campagnes internes. EKIP propose une autre voie : inscrire la transition dans les usages ordinaires des collaborateurs.

Repas, vacances, culture, mobilité, demain peut-être épargne salariale : autant de moments où l’entreprise peut rendre ses engagements plus concrets. La RSE ne progresse pas seulement par les grands plans stratégiques. Elle avance aussi par les choix répétés du quotidien, à condition qu’ils soient simples, accessibles et valorisés.

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