Des paléontologues découvrent une baleine miniature en plein désert égyptien : elle nageait là il y a 41 millions d’années

Une baleine miniature de 41 millions d’années, découverte dans le désert égyptien, révèle des secrets fascinants sur l’évolution des cétacés.

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Des paléontologues découvrent une baleine miniature en plein désert égyptien : elle nageait là il y a 41 millions d'années
Des paléontologues découvrent une baleine miniature en plein désert égyptien : elle nageait là il y a 41 millions d’années © RSE Magazine

En 2023, une découverte qui a fait parler d’elle a été faite au cœur du désert égyptien. Des paléontologues de l’université de Mansourah ont exhumé les restes fossilisés d’une baleine inconnue jusqu’alors, nommée Tutcetus rayanensis, dans la région de Wadi El-Rayn, près de l’oasis du Fayoum, au sud du Caire. Cette trouvaille, publiée dans le journal scientifique Communications Biology, apporte un nouvel éclairage sur l’évolution des cétacés au milieu de l’Éocène.

Une découverte qui sort de l’ordinaire

L’espèce Tutcetus rayanensis, baptisée en hommage à Toutankhamon et à la région de Wadi El-Rayn, se distingue par sa petite taille : c’est la plus petite baleine identifiée à ce jour. Ce cétacé, rattaché à la famille des basilosauridés, mesurait environ 2,5 mètres de long pour une masse estimée à 187 kilogrammes. Malgré cette taille réduite, il était clairement adapté à la vie aquatique : corps fuselé, queue puissante et nageoires bien développées. Fait notable, même si Tutcetus rayanensis vivait uniquement en milieu aquatique, il conservait encore des membres postérieurs, des vestiges évolutifs qui n’étaient plus utilisés pour marcher sur terre, illustrant des anomalies génétiques.

La famille des basilosauridés, à laquelle appartient cette petite baleine, a vécu entre 41 et 34 millions d’années, une période importante pour la transition des animaux terrestres vers les milieux marins. Les paléontologues considèrent que ces membres postérieurs résiduels, comme ceux observés chez Tutcetus rayanensis, témoignent d’une étape transitoire majeure dans l’évolution des cétacés.

Le paysage écologique et géologique autour de la découverte

La zone où le fossile a été trouvé mérite qu’on s’y attarde. L’oasis du Fayoum couvre entre 1270 et 1700 kilomètres carrés de surface verte au milieu du désert égyptien ; c’est une dépression fertile qui, il y a des millions d’années, était submergée par une mer tropicale. Cette mer s’est retirée il y a environ 34 millions d’années, laissant des terrains riches en fossiles, notamment à Ouadi Al-Hitan, site célèbre où le premier fossile de baleine a été mis au jour durant l’hiver 1902-1903. Située à seulement 150 kilomètres du Caire, cette région est une vraie mine pour les paléontologues. La importance des sites paléontologiques pour la préservation de notre patrimoine naturel est mise en lumière par ces découvertes.

La découverte de Tutcetus rayanensis vient s’ajouter à d’autres trouvailles impressionnantes, comme Perucetus colossus, trouvé dans le sud du Pérou et daté d’il y a 39 millions d’années, avec une masse estimée à 340 tonnes. À titre de comparaison, la baleine bleue actuelle pèse environ 170 tonnes.

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