En cette fin février, un phénomène peu courant intrigue les promeneurs et les spécialistes le long des côtes atlantiques françaises. Des milliers d’étoiles de mer et d’oursins sont retrouvés échoués sur les plages du Loire-Atlantique et du Morbihan, étonnant vacanciers et riverains par leur nombre impressionnant. Ce tableau, à la fois étrange et pittoresque, pose beaucoup de questions sur ses causes et ses conséquences, tout comme l’échouage massif observé chez les oiseaux marins.
Des plages couvertes d’étoiles de mer et d’oursins
Les plages de Toulport de Piriac-sur-Mer, ainsi que celles de Pornichet et de Saint-Michel-Chef-Chef, sont aujourd’hui le théâtre de cet étrange phénomène. Benoît Frémont, directeur d’exploitation de l’Océarium du Croisic, explique que la salinité de l’eau de mer a été drastiquement réduite, passant d’une moyenne de 35 g/L à 12-14 g/L en raison des crues et des déversements d’eau douce. Les estuaires de la Loire et de la Vilaine déversent en abondance ces flots dans l’Atlantique, créant ainsi des conditions non viables pour ces échinodermes. « L’eau de mer en moyenne sur nos côtes atlantiques, c’est à peu près 35 g/L. Avec tous les épisodes de pluie qu’on a eus, la Loire et la Vilaine se déversent dans la mer en quantité abondante, ce qui radoucit l’eau de mer », détaille-t-il à France 3.
Dans ces conditions, la forte vulnérabilité des étoiles de mer s’explique par leur incapacité à s’adapter rapidement à de telles variations de salinité, ce qui conduit à un échouage massif.
Les passants surpris et des conséquences possibles
Les passants, notamment sur la plage de Piriac-sur-Mer, s’arrêtent pour observer ce spectacle désolant. « C’est la première fois que je viens sur cette plage et je suis très surpris de voir autant d’étoiles de mer mortes comme ça. On se demande bien pourquoi », confie un vacancier visiblement déconcerté. Certains, comme Colette, envisagent même d’utiliser ces étoiles pour des créations, par exemple la confection de bougies.
L’Océarium du Croisic recommande toutefois de ne pas manipuler ces organismes en raison du risque d’urtication, et aussi parce qu’elles sont principalement mortes. Matthieu Philippe, producteur d’huîtres et de moules à Mesquer, reconnaît que, malgré le caractère dommageable de la situation, cela pourrait avoir des effets positifs à plus long terme : « L’hiver, on dit souvent ‘quand Redon a les pieds dans l’eau on n’aura pas de problème avec les étoiles de mer l’été’. »








