Chaque année, près de 20 millions de contrôles techniques sont effectués sur les véhicules de catégorie M1 en France. On assiste à un véritable boom dans ce secteur, surtout avec l’arrivée des contrôles pour deux roues et véhicules sans permis. Pourtant, malgré des règles bien établies, des fraudes viennent parfois tacher la réputation de ce domaine. Les automobilistes français en paient le prix, comme en illustre récemment le cas d’une habitante de Niort.
Un cadre strict mais des entorses préoccupantes
En France, le contrôle technique repose sur une législation très encadrée qui oblige les contrôleurs à vérifier plein d’aspects sur les véhicules. Par exemple, ils doivent désormais noter la présence et le remplacement potentiel des airbags Takata. Même si tout semble carré sur le papier, quelques failles subsistent. Parfois, certains contrôleurs un peu laxistes ferment les yeux sur des problèmes majeurs qui nécessiteraient des contre-visites. Ces fraudes se concentrent en grande partie sur la pollution des véhicules.
Les pratiques douteuses ne manquent pas : on a vu des cas de véhicules avec une corrosion trop avancée ou l’utilisation de carburants « premium » avec un surplus de détergents pour tromper le test de pollution. Certains propriétaires vont même jusqu’à démonter et remonter des pièces comme le FAP ou le catalyseur pour esquiver les contrôles. Un cas marquant concerne un revendeur qui change temporairement les pièces d’usure par des neuves juste avant le contrôle technique.
Enquêtes et sanctions : la lutte contre les abus
Pour contrer ces détournements, la DREAL (Direction régionale de l’environnement, de l’aménagement et du logement) lance régulièrement des enquêtes en collaboration avec le CODAF, qui réunit plusieurs administrations, notamment la police et l’URSSAF. Ces enquêteurs refont intégralement les tests des véhicules présents dans les centres pour débusquer les fraudes.
En 2024, pas moins de 350 centres sur plus de 6 000 ont été suspendus dans toute la France. Cette surveillance pointilleuse vise à protéger tant la profession que les usagers honnêtes. Pour citer anonymement un contrôleur interrogé par Ouest France : « Le problème, c’est que certains contrôleurs laissent passer n’importe quoi sans broncher… et les sanctions finissent par tomber sur l’ensemble de la profession. »







