Comment le festival Hellfest limite son impact sur l’environnement ?

Le Hellfest, avec ses 200 000 fans, ne se contente pas de faire vibrer les foules.

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Comment le festival Hellfest limite son impact sur l'environnement ?
Comment le festival Hellfest limite son impact sur l’environnement ? © RSE Magazine

Le Hellfest, l’un des festivals les plus connus au monde, se tient à Clisson, près de Nantes, en Loire-Atlantique. Avec plus de 200 000 fans venus du monde entier et 180 groupes à l’affiche, ce rendez-vous musical se distingue par sa programmation audacieuse et son impact environnemental, notamment en période d’urgence climatique. Mais il fait aussi l’objet de discussions en raison de ses répercussions sur l’environnement.

Les défis verts et initiatives

Chaque année, le Hellfest se voit reprocher son empreinte carbone. Pour 2024, le festival affiche un bilan de 17 033 tonnes de CO₂, dont 75 % proviennent des déplacements des festivaliers vers Clisson. Pour se faire une idée, c’est comparable aux émissions générées par 17 vols aller-retour Paris-New York par passager ou encore à deux fois et demie le tour de la Terre en voiture diesel. Les organisateurs le reconnaissent eux-mêmes : « 17 033 tonnes de CO₂ : c’est le bilan carbone de l’Hellfest 2024. Et 75 % de ces émissions sont liées aux déplacements des festivaliers jusqu’à Clisson Rock City. On le sait : se rassembler, ça a un coût environnemental ».

Pour remédier à cela, le festival prévoit plusieurs initiatives à partir de 2025. Parmi celles-ci, on retrouve :

  • le calcul précis de l’empreinte carbone de chaque participant, avec une proposition de compensation par la plantation d’arbres
  • une plateforme de covoiturage qui a permis d’organiser 1 815 places dans 825 véhicules en 2024
  • un tarif réduit à 5 € pour les billets de train dans toute la région encourageant des moyens de transport plus verts

Le Hellfest s’engage aussi dans une démarche de transition énergétique en utilisant de l’énergie renouvelable pour couvrir 20 % de ses besoins, et en se servant d’huile végétale pour alimenter les deux scènes principales. Cindy Pajot, responsable RSO pour Hellfest Production, explique dans Ouest-France : « Avec ces données, nous pouvons mettre en place des initiatives pour progresser ». Par ailleurs, le festival parvient à revaloriser 72 % de ses déchets, transformant tous les biodéchets en amendement agricole.

Accessibilité et intégration

Le Hellfest met tout aussi un point d’honneur à être inclusif. Sur le plan de l’égalité homme-femme, même si seulement 22 % des groupes comptaient une artiste féminine en 2024, le festival s’efforce d’augmenter cette part, tout en recrutant davantage de techniciennes. Actuellement, les femmes constituent 28 % de l’équipe permanente.

Le festival fait également en sorte d’être accessible à tous. Ainsi, deux concerts par jour sont proposés en audiodescription pour les malvoyants, et deux interprètes en langue des signes viennent assister les concerts du vendredi et samedi matin. Une équipe dédiée est également présente pour accompagner les personnes à mobilité réduite ou ayant d’autres handicaps.

Vers un avenir plus vert

Aux côtés d’experts environnementaux, le Hellfest veut devenir un véritable « catalyseur de changement » dans le monde des festivals écoresponsables. Les expérimentations en cours pourraient bien servir de modèle dans le milieu musical mondial. Néanmoins, malgré tous ces efforts louables, il reste compliqué pour les organisateurs de maîtriser le bilan carbone lié aux déplacements des artistes eux-mêmes.

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