La France change d’heure dans la nuit du samedi 24 octobre au dimanche 25 octobre 2026. À 3 heures du matin, les pendules doivent être reculées pour afficher 2 heures. Le Royaume-Uni connaît le même basculement cette nuit-là, selon 20minutes.fr, alors même qu’il a quitté l’Union européenne. Depuis 2002, une directive du Parlement européen harmonise ce changement, qui s’effectue désormais de façon homogène dans la nuit du dernier samedi au dimanche d’octobre.
Les Français dorment donc une heure de plus. En contrepartie, il fera nuit plus tôt dans les jours qui suivent.
Vigilance sur les routes
La Sécurité routière appelle à la prudence à l’occasion de ce basculement. L’ONISR indique que, selon les données de l’Observatoire national interministériel de la sécurité routière, une hausse de près de 35 % des accidents impliquant un piéton est constatée lors de l’heure de pointe du soir dans la semaine qui suit le changement d’heure, et relève par ailleurs que 48 % des piétons tués en 2025 l’ont été de nuit.
La Sécurité routière invite piétons, cyclistes et utilisateurs de trottinette à renforcer leur visibilité, et les automobilistes à réduire leur vitesse pour mieux détecter les autres usagers de la route.
Une règle loin d’être universelle
Dans l’Union européenne, tous basculent ensemble ce week-end, à une exception près. Chypre, île séparée en deux, ne change d’heure que dans sa partie chypriote : la partie turque s’en abstient, tout comme la Turquie elle-même depuis 2016. Le Royaume-Uni, sorti de l’UE le 31 janvier 2020, conserve la même date par habitude plutôt que par obligation.
Ailleurs dans le monde, le calendrier diverge totalement. Aux États-Unis, chaque État choisit : seuls Hawaï et l’Arizona restent à l’heure fixe toute l’année, les autres basculant le premier week-end de novembre puis le deuxième de mars. Le Canada applique les mêmes dates, mais région par région.
L’Australie opère de son côté le premier dimanche d’octobre et le premier dimanche d’avril, selon les territoires. Sur le continent africain, seule l’Égypte change encore d’heure, après avoir abandonné le système en 2011 puis l’avoir rétabli en 2023. Au Proche-Orient et en Asie, Israël et le Liban restent les deux seuls pays à pratiquer ce double changement annuel.
L’idée de supprimer ce rituel semestriel n’est pas neuve à Bruxelles. En 2018, la Commission européenne a lancé une consultation publique qui a recueilli 4,6 millions de réponses : 84 % des participants se sont prononcés pour l’abolition, seuls les Grecs et les Chypriotes y étant majoritairement opposés.
En mars 2019, les eurodéputés ont validé le principe d’une suppression à partir de 2021, chaque État membre restant libre de choisir l’heure d’été ou d’hiver à l’année. Le dossier est bloqué depuis décembre 2019 au Conseil de l’Union européenne.
Le 23 octobre 2025, les eurodéputés en ont rediscuté en séance plénière, sous présidence polonaise du Conseil. À l’issue de ces échanges, la Commission européenne a annoncé le lancement d’une nouvelle étude pour éclairer la décision.
L’objectif initial du dispositif est de faire coïncider les heures d’activité avec celles de l’ensoleillement, pour limiter la consommation d’énergie. L’idée remonte à 1784, quand Benjamin Franklin, alors ambassadeur des États-Unis en France, l’avait déjà avancée dans ce but, sans succès, le pays étant trop agricole pour l’adopter.
En France, le changement d’heure a été instauré après le choc pétrolier de 1973-1974, selon bfmtv.com, même si lepetitjournal.com rappelle qu’il avait déjà existé une première fois, de 1917 à 1944.
En 2010, l’Ademe estimait que le dispositif permettait d’économiser l’équivalent de la consommation de 800 000 foyers, soit l’équivalent de Marseille et Aix-en-Provence réunies. Le Service de recherche du Parlement européen évaluait pour sa part, entre 2017 et 2018, le gain entre 0,5 % et 2,5 % selon les pays. Un chiffre en baisse, même si l’Ademe constate que le changement d’heure continue de soulager les pics de consommation électrique, notamment vers 19 heures.
Sur le plan sanitaire, des troubles de l’appétit et de l’endormissement sont régulièrement observés au moment du changement, en particulier chez les personnes âgées et les très jeunes enfants. Certaines études évoquent aussi une hausse des infarctus dans la semaine qui suit le passage à l’heure d’été, fin mars.
Une soixantaine de pays appliquent encore ce système dans le monde. La Chine l’a abandonné en 1991, la Tunisie en 2009, la Russie et l’Égypte en 2011, l’Arménie en 2012, l’Uruguay en 2015, et la Turquie en 2016.



