Cette araignée australienne file à 3,6 m/s et pulvérise tous les records de vitesse

3,6 mètres par seconde : une araignée de trois grammes vient de pulvériser un record vieux de plusieurs années. Sa technique surprend même les chercheurs qui l’ont filmée. La raison de cette vitesse hors norme tient à un détail anatomique insoupçonné.

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Cette araignée australienne file à 3,6 m/s et pulvérise tous les records de vitesse
Cette araignée australienne file à 3,6 m/s et pulvérise tous les records de vitesse © RSE Magazine

Elle s’appelle Heteropoda jugulans, on l’a surnommée le huntsman des jungles, et elle vient de décrocher un titre inattendu : celui d’araignée la plus rapide jamais mesurée, rapporte Science et Vie. Cette chasseuse vit dans les forêts du Queensland, en Australie, et atteint une vitesse de 3,59 mètres par seconde, arrondie à 3,6 m/s, soit un peu plus de 13 km/h. De quoi dépasser le rythme de jogging de nombreux humains, pour un animal qui ne pèse que trois grammes.

L’identification a été réalisée en juin 2026 par une équipe de chercheurs de l’Imperial College de Londres, dirigée par Shreyas Kuchibhotla. Elle a nécessité l’examen de 258 espèces d’araignées différentes, un travail présenté comme l’inventaire le plus complet jamais assemblé sur la vitesse de course de ces animaux. Les résultats ont été publiés sur le serveur de prépublication bioRxiv et restent en attente d’une évaluation par les pairs.

Un record qui bat l’ancienne référence de plus du double

La performance de Heteropoda jugulans dépasse largement le précédent record officiel, établi à 1,7 mètre par seconde. Ce record appartenait à Cebrennus rechenbergi, une araignée des dunes marocaines connue pour son déplacement en roulé-boulé plutôt qu’en course classique. Plusieurs spécialistes cités dans les données publiées sur bioRxiv estiment que cette technique acrobatique ne constitue pas une véritable course.

Heteropoda jugulans, elle, trotte simplement sur ses membres allongés, ce qui en fait la référence en matière de vitesse de course proprement dite.

Pour établir ce classement, les chercheurs ont filmé les araignées évoluant sur du papier quadrillé, format A4 ou A3, après les avoir pesées. Un pinceau servait à stimuler doucement les spécimens récalcitrants, tandis que les mygales, peu enclines à fuir spontanément, ont dû être poussées par de courtes bouffées d’air comprimé.

L’objectif de l’équipe n’était pas seulement de décrocher un record, mais de comprendre quels traits anatomiques favorisent la rapidité. La morphologie de Heteropoda jugulans combine une masse suffisante pour la puissance musculaire et un abdomen assez léger pour ne pas freiner ses mouvements, ce qui lui offre un rendement mécanique inégalé parmi les espèces testées.

Une fois la masse corporelle et l’ascendance évolutive prises en compte, l’étude établit que les meilleures coureuses possèdent des pattes proportionnellement plus longues que les autres. La finesse des membres, elle, n’entre pas en jeu dans la vitesse, contrairement à ce que supposaient les biologistes. Le mode de vie, arboricole ou terrestre, n’influence pas non plus les performances, mais les espèces terrestres actives qui poursuivent directement leurs proies figurent parmi les plus rapides.

Les araignées les plus grosses courent en général plus vite, mais certaines dépassent largement les attentes liées à leur taille. L’orange goblin, ou Oonops pulcher, en est l’exemple le plus frappant : elle pèse à peine 0,1 milligramme mais atteint plus de 20 centimètres par seconde, une performance qui a surpris toute l’équipe de recherche.

À l’inverse, les araignées à pattes courtes ne sont pas nécessairement désavantagées : leur lenteur relative pourrait correspondre à un compromis évolutif, ces espèces misant plutôt sur le tissage ou l’embuscade pour capturer leurs proies.

L’équipe prévoit désormais de comparer les capacités motrices de chaque famille d’araignées à leurs tactiques prédatrices respectives.

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