Une proposition venue d’Autriche fait parler d’elle dans toute l’Europe : une armure en plastique destinée à dissuader les attaques de loups sur les moutons, dans un contexte marqué par l’évolution du statut juridique du loup. Rudolf Schaubach, ingénieur autrichien installé à Villach, en Carinthie, a conçu cette « armadura de plástico », un dispositif censé protéger les troupeaux et faciliter la cohabitation entre prédateurs et bétail.
Une idée née en Carinthie
L’armure a été mise au point en Carinthie pour répondre aux attaques de loups, qui se multiplient dans la région. Elle se présente comme une maille à pointes, recouverte de plastique, explique Ecoinventos. Les pointes, entourées de tubes en caoutchouc, ne servent pas à blesser le loup mais à le gêner quand il essaie de mordre. Une réponse à l’intelligence adaptative des loups.
Cette initiative fait suite à la hausse des attaques depuis le retour des loups, après des décennies d’absence et grâce aux programmes de conservation menés en Europe.
Rudolf Schaubach a travaillé trois ans sur son projet, avec un essai dans la vallée de Gail en mai 2026. Lors de ce test, trois moutons ont été équipés de la maille : leurs déplacements et leur alimentation ne semblaient pas perturbés. Schaubach a déclaré : « Les premiers essais réalisés montrent un comportement apparemment normal des animaux, qui continuent à s’alimenter et à se déplacer normalement. »
Réactions partagées et débats
Les avis divergent. Les bergers accueillent la solution favorablement, tandis que des associations de protection animale comme Tierschutz Austria s’inquiètent des effets sur le bien-être des bêtes, notamment d’une gêne dans les mouvements ou d’un inconfort dû aux frottements. René Krüger, éleveur local, s’interroge lui aussi sur l’aspect pratique de la maille et ses effets à long terme.
Les vétérinaires réclament des essais plus longs pour évaluer l’efficacité et la sécurité du dispositif. Lors du test dans la vallée du Gail, l’un d’eux a demandé le retrait de l’armure, craignant pour la mobilité des moutons et leur sécurité en cas de fuite. Schaubach espère pouvoir conduire des essais plus poussés hors d’Autriche et cherche un partenaire industriel pour envisager une production à grande échelle.
Comment on protège déjà le bétail
En attendant, plusieurs méthodes, classiques ou plus récentes, servent déjà à protéger les troupeaux :
- les chiens de garde,
- les clôtures électriques renforcées,
- les systèmes de surveillance comme les caméras thermiques et les drones.
Les pouvoirs publics accordent aussi des subventions pour couvrir une partie du coût de ces équipements.
Cette armure pourrait-elle changer la protection des élevages ? Si son efficacité et sa rentabilité se confirment, elle donnerait aux exploitations une option supplémentaire, sans rompre l’équilibre écologique entre les besoins des éleveurs et la présence des loups.





