Si vous avez déjà fait une pause dans un parc ou flâné dans votre jardin, vous avez sûrement repéré ces petites mouches aux rayures jaunes et noires qui font penser à des guêpes. Leur allure peut donner des sueurs froides, mais ces insectes, qu’on appelle des syrphes, sont sans danger et peuvent même rendre service aux jardiniers.
Pourquoi elles ressemblent tant à des guêpes
Les syrphes sont une famille de mouches, et leur corps jaune et noir les fait passer pour des guêpes ou des abeilles. Sous cette « fausse identité » se cachent pourtant des différences nettes. Contrairement aux guêpes et aux abeilles, les syrphes n’ont qu’une seule paire d’ailes et pas les antennes fines caractéristiques. Leur corps ne présente pas non plus la taille de guêpe, resserrée au milieu.
Elles sont nombreuses en France
En France, on compte plus de 500 espèces de syrphes, selon l’entomologiste Benoît Gilles, consulté par actu.fr. Leur taille varie beaucoup d’une espèce à l’autre : certaines mesurent quelques millimètres, d’autres sont bien plus grandes. Cette diversité compte pour les milieux naturels. Benoît Gilles précise que « ces adultes se nourrissent de pollen et de nectar », ce qui les rend utiles à la pollinisation et les rapproche des abeilles.
De vraies aides pour réguler les nuisibles
Les syrphes sont aussi des insectes auxiliaires : leurs larves dévorent les pucerons et d’autres petits insectes qui s’installent sur les plantes. Sans ces prédateurs naturels, les jardins seraient vite envahis. Mais, comme l’explique Benoît Gilles, « leur population s’effondre à cause des insecticides », car ces produits tuent les ravageurs et, avec eux, les auxiliaires utiles comme les syrphes.
Un équilibre fragilisé par nos pratiques
Les méthodes de jardinage actuelles, surtout l’usage d’insecticides et le fauchage précoce des fleurs au printemps, menacent ces insectes. Benoît Gilles rappelle que la disparition des fleurs leur fait perdre leurs habitats et leurs sources de nourriture. L’intervention humaine finit alors par nous rendre plus dépendants des traitements chimiques, ce qui est paradoxal puisque « dans la nature, il y a peu de plantes qui sont envahies de pucerons » justement grâce à ces prédateurs.
Souvent confondus avec des insectes plus menaçants, les syrphes ne présentent aucun danger pour l’homme et restent de précieux alliés au jardin. Ils comptent dans l’équilibre naturel, que ce soit pour la pollinisation ou pour le contrôle biologique des nuisibles. Réduire les insecticides et laisser les fleurs s’épanouir au printemps sont des gestes simples pour les protéger.





