La Californie et la zone de subduction de Cascadia font l’objet de vifs débats sur le risque sismique, notamment avec l’arrivée des séismes dits « supershear ». Ces secousses, qui se propagent plus vite que les ondes de cisaillement, posent un sérieux problème pour ces régions densément peuplées. Une étude récente sur le lien potentiel entre les failles de San Andreas et celles de Cascadia vient rajouter une touche d’inquiétude supplémentaire.
Les séismes « supershear » : un danger qui grandit
En Californie, on entend de plus en plus parler des séismes « supershear ». En gros, c’est un peu comme le bang supersonique : ces séismes dépassent la vitesse des ondes de cisaillement, rendant les secousses bien plus intenses, explique le magazine Science et Vie. Des chercheurs comme Ares Rosakis du Caltech ont réussi à reproduire ces phénomènes en laboratoire dès la fin des années 1990. Yehuda Ben-Zion et Ahmed Elbanna ont aussi apporté leur pierre à l’édifice, montrant qu’environ un tiers des séismes majeurs sur des failles coulissantes se propagent en mode « supershear ». Ce type de séisme a été clairement identifié lors des événements meurtriers de 2023 en Turquie et en Syrie, ce qui rappelle combien la situation peut devenir préoccupante.
La faille de San Andreas représente un risque considérable pour plus de 70 % des habitants vivant à proximité d’une faille active. Les particularités géologiques locales favorisent également des ruptures rapides, augmentant le potentiel destructeur de ces séismes.
Conséquences et préparation face aux risques
Face à ces dangers, il faut vraiment revoir nos infrastructures. La plupart des bâtiments ont été conçus pour résister à des secousses transversales, mais ils ne sont pas forcément prêts à encaisser toute l’énergie concentrée d’un séisme « supershear ». Le renforcement des normes de construction devient primordial, surtout pour les infrastructures sensibles comme les hôpitaux et les ponts. Par ailleurs, il faut aussi mieux cartographier les zones à risque et établir des plans d’évacuation adaptés pour limiter les dégâts humains et matériels.
Le manque de données représente toutefois un gros frein à une préparation efficace face aux risques sismiques. Voilà pourquoi les chercheurs recommandent d’installer davantage de capteurs le long des failles principales pour mieux anticiper ce type d’événements. Comme le rappelle le San Francisco Chronicle, les récents séismes en Turquie et en Syrie ont prouvé que ce phénomène ne doit pas être minimisé.
La zone de subduction de Cascadia : un autre foyer potentiel de secousses
Au-delà des inquiétudes californiennes, la zone de subduction de Cascadia est elle aussi sur le radar en tant que foyer d’activité sismique majeure. S’étendant sur 1 600 kilomètres, de l’île de Vancouver jusqu’au nord de la Californie, cette zone pourrait être à l’origine d’un séisme d’une magnitude d’au moins 9 – un événement comparable au plus grand séisme connu survenu en 1700.
Des recherches récentes basées sur des carottes de sédiments marins indiquent une synchronisation entre les systèmes de failles californiennes et ceux de Cascadia, sur une période de 2 500 ans. Menée par Chris Goldfinger, géologue à l’Université d’État de l’Oregon, l’étude suggère que les séismes dans ces deux régions pourraient être liés. Toutefois, Diego Melgar, géophysicien à l’Université de l’Oregon, reste plus réservé sur ces conclusions.








