La fin d’une époque : la dernière usine de boîtes à Camembert de Normandie va disparaître

La fermeture de l’usine Cibem laisse 104 salariés dans l’incertitude, ébranlant une communauté.

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La fin d’une époque : la dernière usine de boîtes à Camembert de Normandie va disparaître
La fin d’une époque : la dernière usine de boîtes à Camembert de Normandie va disparaître © RSE Magazine

L’annonce de la fermeture de l’usine Cibem, située à Saint-Pierre-en-Auge dans le Calvados (Normandie), a clairement secoué les employés et la population locale. Cette décision, rendue publique le 30 septembre, marque la fin d’une longue aventure industrielle pour cette entreprise spécialisée dans la fabrication de boîtes en bois et en carton pour le camembert et les coulommiers. Fondée en 1885, Cibem s’est imposée sur le marché avec la fabrication de boîtes rondes en peuplier et d’emballages pour fromages. Malgré un investissement de 25 millions d’euros réalisé par le groupe Lactalis, propriétaire depuis 2011, l’usine ne parvient pas à surmonter ses problèmes financiers.

Les salariés pris de court

Les 104 salariés de l’usine se retrouvent face à l’incertitude. La nouvelle a provoqué un grand émoi, allant du choc à la colère chez certains employés qui se confient à France 3. Par exemple, Mathieu, qui travaille depuis sept ans comme conducteur de la contre-colleuse, espère bénéficier d’un reclassement ou d’une prime de départ. Tandis que Virginie refuse catégoriquement les propositions de reclassement, notamment en raison de conditions de travail difficiles comme les horaires du week-end ou de nuit. Avec des salariés proches de la retraite ou confrontés à des limitations physiques (par exemple, l’absence de permis de conduire), la situation semble compliquée pour beaucoup.

Réactions et avenir incertain

Pour ceux qui ont vu défiler les générations à Cibem, cette fermeture fait ressurgir de nombreux souvenirs. Jacky Marie se rappelle avec émotion quand l’usine employait jusqu’à 1 500 personnes. Aujourd’hui, il témoigne de son désarroi : « Personnellement, ça m’a choqué quand j’ai appris ça. » L’avenir du site reste flou, certains évoquent une cessation totale des activités dès mars ou avril 2026.

Même si Lactalis a évoqué la possibilité de reclassement, les propositions restent peu convaincantes pour nombre d’employés. Quelques opportunités pourraient se présenter, notamment dans une fromagerie voisine ou au sein d’autres filiales du groupe, mais les doutes persistent quant aux conditions offertes et à leur adéquation avec les attentes des salariés.

Des difficultés économiques persistantes

Les problèmes financiers de Cibem seraient liés à une montée continue des coûts des matières premières, rendant l’équilibre financier difficile à maintenir. Même si Lactalis a investi pour moderniser l’usine, Jacky Marie insiste sur le fait que d’autres investissements seraient encore nécessaires : « Lactalis a beaucoup investi, mais il y aurait encore beaucoup d’investissements à faire. » Face à la situation, la direction envisage plusieurs initiatives, dont une réunion du Comité Social et Économique (CSE) prévue le 9 octobre et une recherche active d’un repreneur potentiel dans les trois mois à venir.

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