Un traité historique adopté : la haute mer enfin protégée, mais à quel prix ?

En janvier 2026, un traité historique entrera en vigueur pour protéger la biodiversité marine.

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Un traité historique adopté : la haute mer enfin protégée, mais à quel prix ?
Un traité historique adopté : la haute mer enfin protégée, mais à quel prix ? © RSE Magazine

En janvier 2026, un tournant majeur sera franchi avec l’entrée en vigueur du Traité sur la haute mer, un accord international qui vise à protéger la biodiversité marine au-delà des frontières nationales. Officiellement intitulé Accord au titre de la Convention des Nations unies sur le droit de la mer relatif à la conservation et à l’utilisation durable de la biodiversité marine des zones ne relevant pas de la juridiction nationale, ce traité marque une avancée considérable dans la sauvegarde de nos océans.

Accord et ratifications : le chemin vers sa mise en œuvre

Le parcours a débuté avec la première ratification par les îles Palaos en janvier 2024. Depuis, l’engagement du monde entier n’a cessé de grandir, avec les récentes adhésions de la Sierra Leone et du Maroc le 19 septembre 2025. Au total, 142 pays et l’Europe ont signé ce texte ambitieux. Le seuil de 60 ratifications étatiques a enfin été atteint, ouvrant la voie à son application programmée pour le 17 janvier 2026.

Ce traité permet d’instaurer un cadre juridique solide pour protéger les eaux internationales, souvent perçues comme hors de portée d’une surveillance globale. Rebecca Hubbard, directrice de la High Seas Alliance, a qualifié cet événement d’« historique » en soulignant son potentiel pour transformer notre rapport aux océans.

Objectifs et retombées : protéger et partager

Le Traité sur la haute mer se fixe plusieurs buts précis. D’abord, il s’attèle à sauvegarder la vie marine et à freiner la perte de biodiversité en instituant des aires marines protégées (AMP) dans les eaux internationales, incluant la protection des récifs coralliens. Ces zones joueront un rôle clé pour préserver les écosystèmes marins vulnérables face à des menaces comme la acidification des océans et la pollution plastique.

En parallèle, l’accord impose la réalisation d’études sur les conséquences environnementales pour toutes les activités humaines envisagées dans ces secteurs sensibles. Cela permet de s’assurer que chaque intervention est soigneusement évaluée quant à ses répercussions sur l’environnement marin.

Un autre point important du traité est son engagement en faveur d’une plus grande équité pour les pays en développement. Il prévoit notamment un accès et un partage juste des bénéfices issus des ressources génétiques marines, donnant ainsi aux nations moins favorisées une chance de tirer profit des richesses économiques de ces ressources.

Conférences et perspectives à venir

La conférence de l’ONU sur l’océan (sommet de Nice), qui s’est déroulée à Nice en juin 2025, a joué un rôle déterminant en soutenant et en promouvant le Traité sur la haute mer. Les échanges lors de cet événement ont permis de peaufiner les stratégies pour mettre en œuvre cet accord mondial.

Par ailleurs, des préparatifs sont en cours pour organiser une Conférence des Parties (COP) d’ici la fin de l’année 2026. Cette rencontre rassemblera l’ensemble des signataires pour faire le point sur les avancées réalisées et discuter des défis à venir liés à l’application du traité.

Diverses opinions : une nouvelle ère pour la haute mer

Les avis sur ce traité ne manquent pas, même si tous s’accordent sur l’importance de cette initiative. Katie Matthews, scientifique en chef chez Oceana, évoque la haute mer comme un « véritable Far West » qui, jusque-là, n’avait pas bénéficié d’une surveillance mondiale appropriée. Selon elle, « pendant trop longtemps », cette vaste étendue n’avait pas fait l’objet d’un contrôle international concerté. La ratification du traité marque ainsi le début d’une nouvelle ère, avec enfin des bases juridiques posées pour protéger ces eaux partagées.

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