Océans en danger : le ralentissement des courants pourrait bouleverser notre climat plus vite qu’on ne le pense

Le ralentissement des courants marins pourrait bouleverser notre climat, entraînant des événements extrêmes et des impacts sur l’agriculture et l’économie.

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Océans en danger : le ralentissement des courants pourrait bouleverser notre climat plus vite qu’on ne le pense
Océans en danger : le ralentissement des courants pourrait bouleverser notre climat plus vite qu’on ne le pense © RSE Magazine

Les scientifiques tirent la sonnette d’alarme face au ralentissement des courants marins. Ces flux, qui redistribuent la chaleur et le froid à travers les océans, pourraient bien bouleverser l’équilibre de notre climat. Des chercheurs, comme Virginie Thierry de l’Ifremer, surveillent de près ces mouvements en s’appuyant sur des réseaux de bouées et divers capteurs pour récolter des données indispensables.

Un effet sur le climat et les mers

Le ralentissement des courants marins, en particulier l’Atlantic Meridional Overturning Circulation (AMOC), inquiète pour sa capacité à stocker le carbone et la chaleur. Ce courant transporte chaque seconde des millions de mètres cubes d’eau entre l’Antarctique et l’Arctique. Si ce système faiblit, on pourrait assister à plus d’événements climatiques extrêmes, rappelant ceux du réchauffement planétaire. Julie Deshayes évoque la possibilité de canicules estivales plus intenses et d’hivers plus rudes.

Les retombées économiques et sociales sont aussi à prendre en compte. Selon Tillys Petit, l’agriculture, l’économie et notre quotidien risquent de subir des bouleversements en raison de ces variations climatiques. Par ailleurs, des phénomènes dans le Pacifique, comme El Niño et La Niña, pourraient aussi être affectés.

Des rencontres et des conseils scientifiques

En juin 2025, deux grands événements ont confirmé ces inquiétudes. La troisième conférence de l’ONU sur les océans (Unoc-3) s’est déroulée à Nice en rassemblant 64 chefs d’État et 12 000 délégués, tandis que le One Ocean Science Congress a vu la participation de 2 500 scientifiques. À l’issue de ces rencontres, dix recommandations ont été proposées pour aider les diplomates à trouver un accord. C’est aussi à ce moment-là qu’a été publié le premier baromètre de l’état de santé des océans, baptisé Starfish, pour assurer un suivi annuel.

Vers où se dirige l’AMOC ?

Des travaux récents se penchent sur la possibilité que l’AMOC bascule. Une étude parue dans la revue Environmental Research Letters révèle, grâce aux simulations CMIP6 projetées jusqu’en 2500, que selon le scénario SSP5-8.5 (émissions élevées), 70 % des simulations prévoient une stagnation du courant d’ici 2100. Dans le scénario SSP2-4.5 (émissions modérées), ce pourcentage descend à 37 %, et pour le scénario SSP1-2.6 (émissions faibles), à 25 %.

Dr Aixue Hu rappelle toutefois que l’on ne peut déterminer avec précision le moment où ce point de bascule pourrait être atteint, en raison du peu d’observations directes et des variations entre les modèles climatiques.

Les risques en cas de défaillance

Si l’AMOC venait à faiblir fortement ou à s’arrêter complètement, les conséquences pour le climat européen et mondial pourraient être sévères. La chaleur dégagée par l’Atlantique Nord diminuerait jusqu’à moins de 20 % de son niveau actuel, risquant de transformer certaines régions d’Europe en zones hivernales très froides avec des étés marqués par d’intenses précipitations.

Les scientifiques estiment que ce ralentissement n’a pas été observé depuis au moins 1 600 ans. Ils continuent d’essayer de déterminer à quel moment un tel effondrement pourrait se produire.

Face à ce défi, il est indispensable que la communauté internationale prenne conscience des risques liés à ce ralentissement des courants marins et agisse pour éviter de nourrir d’avantage les complications climatiques qui touchent déjà notre planète.

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