Jour du dépassement : pourquoi ce signal d’alerte est plus grave que jamais

En 2025, le jour du dépassement de la Terre sera le 24 juillet.

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Jour du dépassement : pourquoi ce signal d’alerte est plus grave que jamais
Jour du dépassement : pourquoi ce signal d’alerte est plus grave que jamais © RSE Magazine

Chaque année, le jour du dépassement de la Terre marque un tournant important dans notre manière d’utiliser les ressources naturelles. En 2025, cette date tombe le 24 juillet, moment où l’humanité aura consommé tout ce que notre planète peut régénérer sur une année. Ce phénomène montre bien que nous vivons « à crédit », en puisant dans le capital naturel non reconstitué, comme l’eau, les forêts et les sols.

L’évolution du jour du dépassement

Le calcul de cette date est fait par l’ONG Global Footprint Network, qui compare ce que la Terre peut produire en une année à notre consommation globale. Historiquement, le jour du dépassement a reculé au fil des décennies : il survient en septembre dans les années 2000 et en octobre dans les années 1990. En 1971, il était fixé au 29 décembre. Une exception marquante s’est produite en 2020 : la pandémie de COVID-19 a repoussé ce jour au 16 août.

En 2024, la date initialement prévue était le 1er août, mais elle a été réévaluée à 25 juillet. Chaque année, ce jour avance d’un jour, révélant une tendance préoccupante. À la fin de l’année, notre consommation totale équivaut à 1,8 fois la capacité naturelle de la Terre à produire.

Les inégalités de la consommation

La pression sur les ressources n’est pas la même partout dans le monde. Par exemple, si tout le monde consommait comme les Français, le jour du dépassement se situerait le 19 avril en 2025. Pour les États-Unis, cette date avancerait encore, tombant le 13 mars. Ces différences montrent combien nos modes de vie dépassent largement les limites de ce que la planète peut offrir.

Jean Burkard, directeur du plaidoyer au WWF France, rappelle que des événements climatiques extrêmes comme les inondations dans le Pas-de-Calais ou les sécheresses de 2022 ont causé d’importantes pertes en production agricole et détruit des ressources indispensables (comme la fertilité des sols). Il évoque aussi les méga-feux à Los Angeles qui ont ravagé plusieurs millions d’hectares de forêt.

La responsabilité internationale face aux défis climatiques

À la veille du jour du dépassement en 2025, la Cour internationale de justice a rendu un avis déterminant affirmant que les États qui ne respectent pas leurs obligations climatiques agissent en dehors de la loi. Selon cet avis, les activités nuisibles au climat violent non seulement le droit international, mais aussi les droits humains fondamentaux. Cette décision impose aux États une responsabilité plus grande pour limiter l’augmentation des températures à un maximum de 1,5 degré Celsius.

Les associations, les particuliers et d’autres États ont désormais la possibilité de porter plainte contre ceux qui ne respectent pas ces engagements nécessaires. Cela concerne aussi les entreprises privées opérant sous leur juridiction, soulignant l’impact environnemental de leurs activités.

Repenser notre modèle de société

Face à ces défis, le WWF France appelle à revoir notre système agricole et à transformer nos pratiques pour lutter contre le gaspillage des ressources et améliorer la gestion des déchets. Aujourd’hui, le secteur agricole consomme près de 60 % de l’eau douce mobilisée en France, ce qui met cette ressource sous pression, entraînant des restrictions d’eau.

De plus, la récente adoption de la loi Duplomb ouvre la porte à certaines pratiques controversées, comme la réintroduction des néonicotinoïdes et la construction de mégabassines, ce qui pourrait affecter la qualité de l’eau potable et alourdir nos nappes phréatiques déjà saturées de polluants.

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