Les pesticides font désormais partie intégrante de notre bouffe quotidienne. Ils se retrouvent dans la plupart des fruits et légumes qu’on consomme, soulevant ainsi d’importantes questions sur nos choix alimentaires et nos habitudes. D’ailleurs, l’agro-industrie milite pour le retour de certains pesticides déjà interdits, tandis qu’en agriculture intensive, les produits phytosanitaires continuent d’être utilisés et laissent leur marque dans l’environnement.
Les effets des pesticides sur les fruits et légumes
Une bonne partie des fruits et légumes qu’on mange est contaminée par des résidus de pesticides. Certains de ces produits chimiques sont considérés comme cancérogènes probables ou perturbateurs endocriniens, ce qui représente une menace non négligeable pour la santé publique, comme le soulignent les dangers des pesticides. L’Environmental Working Group (EWG), une ONG américaine, publie chaque année un classement des fruits et légumes les plus chargés en ces substances aux États-Unis. En 2025, la fraise s’est retrouvée en tête en tant que fruit le plus pollué. Les Américains consomment en moyenne 3,5 kg par an de ce fruit, et certains pesticides utilisés sur ces fraises sont interdits en Europe.
L’étude de l’EWG a analysé 46 types de fruits et légumes, après les avoir lavés, épluchés ou frottés. Outre les fraises, les épinards, le chou kale, le chou vert, le chou frisé, les pêches, les poires et les nectarines se sont également révélés fortement contaminés.
La situation en France qui inquiète
En France, même si la réglementation protège contre certains produits particulièrement nocifs, plusieurs pesticides restent largement utilisés. Par ailleurs, les produits importés peuvent amener sur le marché français des fruits et légumes plus chargés en substances chimiques que ceux cultivés localement. La fraise française, par exemple, est souvent traitée avec ces pesticides. Générations Futures, une association française, avait classé la fraise parmi les fruits les moins sains en 2024.
Les cerises, les raisins et certains agrumes comme le citron vert, les clémentines et les mandarines font aussi partie des produits fréquemment contaminés. Une enquête réalisée par Générations Futures en 2013 avait montré que 92 % des fraises vendues en France contenaient au moins 37 molécules problématiques (dont 8 perturbateurs endocriniens).
Manger mieux au quotidien (nos recommandations)
Face à cette situation alarmante, il est important de se renseigner sur l’origine des produits que l’on mange, notamment en évitant les supermarchés critiqués pour leur offre de produits sans pesticides. L’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation (Anses) recommande de consommer deux portions de fruits par jour. Pour limiter sa consommation de pesticides, il peut être judicieux d’acheter en circuits courts et de soutenir les producteurs locaux qui se lancent dans l’agriculture biologique.
Selon une étude menée par l’UFC-Que Choisir en 2022, 51 % des fruits et légumes vendus en France contiennent des résidus d’un pesticide potentiellement dangereux, et 30 % présentent même la présence d’au moins deux pesticides jugés à risque.







