Polémique en Nouvelle-Zélande : des enfants invités à tuer… des chats sauvages !

La Nouvelle-Zélande fait face à une crise féline : 1,2 million de chats domestiques pour près de 2 millions de chats errants.

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Polémique en Nouvelle-Zélande : des enfants invités à tuer… des chats sauvages !
Polémique en Nouvelle-Zélande : des enfants invités à tuer… des chats sauvages ! © RSE Magazine

La Nouvelle-Zélande se trouve face à un souci grandissant : la surpopulation de chats errants menace sa faune locale. Comme en Australie, l’explosion de ces félins perturbe sérieusement les écosystèmes. Déjà en 2019, le gouvernement australien avait annoncé vouloir éliminer 2 millions de chats errants. Pour réagir à un problème similaire, la Nouvelle-Zélande a lancé des campagnes pour inciter les propriétaires à ne pas remplacer leurs chats domestiques disparus. Avec environ 1,2 million de chats domestiques et presque deux fois plus de chats errants, la situation peine à être maîtrisée.

Un concours qui divise

Dans cette atmosphère tendue, un concours de chasse a eu lieu dans le village de Canterbury lors du week-end du 29 et 30 juin 2024. Réservé aux enfants de 14 ans ou moins, l’événement a vu la participation de près de 440 jeunes qui devaient abattre le plus grand nombre possible de chats errants. Le gagnant devait repartir avec 250 dollars néo-zélandais (soit environ 141 euros). Lors de l’édition de 2022, plus de 250 enfants et environ 650 adultes s’étaient déjà rassemblés, permettant l’élimination de 427 animaux – principalement des opossums, lièvres et lapins.

Le but affiché du concours était double : financer l’école locale et protéger la faune sauvage menacée par la présence de ces félins. Les organisateurs ont rappelé que le respect des lois sur le port d’armes et sur le bien-être animal était obligatoire. Par exemple, les enfants ramenant un chat doté d’une puce électronique étaient immédiatement disqualifiés. Matt Bailey, qui organisait l’événement, a expliqué que cette compétition avait été mise en place pour « réguler » la population de chats sauvages.

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Réactions et suites

Cependant, l’initiative a rapidement suscité une forte indignation chez les habitants et les associations de protection animale. La société néo-zélandaise pour la prévention de la cruauté envers les animaux a pointé du doigt la difficulté pour les enfants — et même les adultes — de distinguer un chat errant d’un chat domestique. Face aux protestations, notamment de la part du mouvement Animal Save Movement, les organisateurs ont décidé d’annuler la catégorie relative aux chats le 17 avril.

Les critiques ont aussi déploré que les enfants utilisaient des armes à air comprimé, ce qui, selon eux, intensifiait considérablement la souffrance des animaux et prolongeait leurs tourments. Craig Gillies a d’ailleurs souligné qu’il n’existait aucune différence physique évidente entre les chats errants et les chats domestiques, rendant ainsi leur identification vraiment compliquée pendant le concours.

Chiffres inquiétants

Au total, environ 1500 personnes se sont mobilisées durant cette compétition controversée, qui a vu l’abattage de 340 chats sauvages, en plus d’autres espèces comme les opossums, lapins, cerfs et cochons. Ces chiffres montrent non seulement l’ampleur de la situation, mais aussi les risques pour les animaux domestiques qui ne sont pas identifiés.

En Nouvelle-Zélande, il n’y a pas de loi imposant la stérilisation ou l’identification des chats, ce qui complique d’autant plus la gestion de ce problème animalier. Par ailleurs, certaines lacunes dans les lois sur la protection animale rendent parfois leur application très difficile.

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