Réchauffement climatique : le vin d’hier n’existe plus

Le réchauffement climatique transforme radicalement la viticulture européenne.

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Réchauffement climatique : le vin d’hier n’existe plus
Réchauffement climatique : le vin d’hier n’existe plus © RSE Magazine

Les températures qui montent ont désormais des répercussions alarmantes sur la production de vin en Europe, un phénomène lié au réchauffement climatique. D’après une étude internationale parue le 21 mai dans la revue américaine PLOS Climate, les vignes européennes, et notamment celles de régions iconiques comme Bordeaux, subissent des changements qui mettent en péril leur avenir.

Comment l’étude a été menée et ce qu’elle révèle

L’analyse a exploré les effets du dérèglement climatique dans plusieurs coins du monde, en s’appuyant sur une étude Inrae. Les chercheurs ont constaté l’évolution des conditions climatiques à différents moments clés de la croissance des vignes, comme lors de la floraison, à l’éclosion des bourgeons et juste avant les vendanges. Cette démarche a concerné plus de 500 cépages, en s’appuyant sur les données fournies par le Domaine de Vassal, géré par l’institut agronomique français Inrae.

Les chiffres montrent qu’en Europe, les journées dépassant 35°C se multiplient, surtout pendant les périodes de maturation où la chaleur atteint des niveaux inédits. Pendant ce temps, l’Amérique du Nord ressent une hausse de températures plus modérée, alors que l’Amérique du Sud connaît des moyennes proches de celles de l’Europe, sans pour autant enregistrer les pics extrêmes. L’Afrique du Nord et l’Australie ne sont pas en reste, malgré une montée moins marquée du thermomètre.

Ce que ça change pour la viticulture

Les répercussions sur la production de vin sont nombreuses et préoccupantes. Les vendanges se font de plus en plus tôt, ce qui modifie le taux de sucre dans les raisins et, par la suite, le goût des vins. Par ailleurs, de nouvelles zones de culture voient le jour pour s’adapter aux conditions climatiques qui évoluent.

Le chercheur principal, E.M. Wolkovich, climatologue à l’université de British Columbia au Canada, commente : « J’ai été très surpris par le niveau de réchauffement à travers le globe, mais particulièrement en Europe. »

Nouveaux horizons et défis à relever

Le réchauffement ouvre aussi des portes à des régions qui n’étaient pas traditionnellement connues pour leur vin. Par exemple, l’Angleterre fait désormais parler d’elle avec ses vins mousseux, appréciés dans le monde entier. Des contrées septentrionales comme le Yorkshire pourraient devenir des producteurs importants d’ici la fin du siècle. Hull, quant à elle, pourrait se faire un nom avec son cabernet sauvignon dès 2100, rivalisant avec Bordeaux.

On assiste aussi à l’émergence de millésimes remarquables dans des endroits inattendus, comme les vins blancs suédois ou ceux du Danemark, profitant désormais de saisons de croissance plus longues. De son côté, la Chine se positionne comme un futur acteur majeur, avec ses régions du Ningxia au Yunnan prêtes à développer leur production vinicole.

Comment s’adapter face aux défis

Les régions viticoles traditionnelles doivent revoir leurs plans pour faire face aux changements en cours. À Bordeaux, même si la production a augmenté, passant de 3,3 millions d’hectolitres en 1991 à 3,8 millions en 2023, les récoltes sont de nouveau menacées par le gel et le mildiou. Par exemple, Chablis a enregistré jusqu’à 60 % de pertes durant cette même année.

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