L’École normale supérieure (ENS-PSL), en partenariat avec Capgemini, a annoncé le 3 février 2025 la création d’un Observatoire mondial dédié à l’évaluation de l’impact environnemental de l’intelligence artificielle (IA). Ce projet, soutenu par l’Institut IA et Société, vise à établir des méthodologies communes pour réduire l’empreinte écologique de l’IA tout au long de son cycle de vie.
Analyse de l’impact environnemental de l’IA
L’adoption massive de l’IA, et notamment des modèles d’IA générative, a entraîné une croissance exponentielle des besoins en puissance de calcul. Ces nouveaux usages ont un impact significatif sur l’environnement, en particulier en termes de consommation d’énergie, d’eau et d’empreinte carbone. Selon un rapport des équipes de recherche de Capgemini, les grands modèles d’IA générative consomment 4.600 fois plus d’énergie que les modèles traditionnels. Si ces tendances se poursuivent, l’utilisation d’électricité liée à l’IA pourrait être multipliée par 24,4 d’ici 2030.
Face à cette situation, la création de l’Observatoire mondial sur l’impact environnemental de l’IA apparaît comme une réponse urgente et nécessaire. Cet Observatoire réunira une communauté internationale composée d’experts issus des milieux académiques, des entreprises, et de la société civile. Son rôle sera de créer une base de données accessible sur la performance environnementale des modèles d’IA, favorisant ainsi la transparence et la collaboration entre les différents acteurs du secteur.
Un effort coordonné pour une IA durable
L’Observatoire vise à élaborer des méthodes de mesure rigoureuses afin de quantifier et de limiter l’empreinte environnementale de l’IA. Les données collectées alimenteront des stratégies visant à promouvoir des pratiques durables et à fournir des analyses stratégiques. Anne Bouverot, présidente du Conseil d’administration de l’ENS-PSL, souligne que cette initiative est un moyen de lier recherche et action pour permettre aux institutions publiques et privées de mieux comprendre et atténuer les impacts de l’IA.
De son côté, Etienne Grass, directeur exécutif de Capgemini Invent France, a souligné la nécessité de clarifier les méthodologies pour exploiter l’IA de manière responsable. Selon lui, la réduction de l’impact environnemental de l’IA nécessitera la coopération de tous les acteurs de la chaîne de valeur, des développeurs aux décideurs.








