Révolution dans nos assiettes : le Royaume-Uni veut interdire la cuisson des homards vivants, explications

Le gouvernement britannique entend interdire la cuisson des crustacés vivants à l’eau bouillante d’ici 2030.

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Révolution dans nos assiettes : le Royaume-Uni veut interdire la cuisson des homards vivants, explications © RSE Magazine

À l’origine de ce projet de loi, un constat : les crustacés ressentent la douleur. Ce point, longtemps débattu, a été tranché par le rapport de la London School of Economics publié en 2021, qui confirmait que les décapodes (homards, crabes, langoustes, etc.) et les céphalopodes (pieuvres, seiches) sont dotés de nocicepteurs, c’est-à-dire de capteurs de douleur.

En 2022, la loi britannique Animal Welfare (Sentience) Act a officialisé cette reconnaissance, confirme La Dépêche. Le texte en préparation vise désormais à interdire des méthodes jugées cruelles, au premier rang desquelles figure l’ébouillantage de crustacés encore vivants.

Une échéance fixée à 2030

Le gouvernement travailliste prévoit d’appliquer cette interdiction d’ici quatre ans. Elle concernera l’ensemble des espèces déjà reconnues comme sensibles : crabes, homards, crevettes, langoustes, pieuvres, etc.

La future loi placerait le Royaume-Uni aux côtés de pays comme la Suisse, la Norvège, l’Autriche ou la Nouvelle-Zélande, où ce type de cuisson est déjà proscrit.

L’électrocution en alternative, mais à quel prix ?

Face à cette interdiction, des méthodes d’abattage alternatives sont évoquées. L’une des plus discutées est l’électrocution, perçue comme plus respectueuse, car elle neutralise l’animal avant sa cuisson. Mais cette technique a un coût : environ 4 000 euros pour un appareil dédié, ce qui fait grincer des dents certains restaurateurs londoniens.

Dans les poissonneries, les avis sont partagés : certains saluent la mesure comme une avancée éthique, d’autres pointent sa complexité d’application dans les chaînes d’approvisionnement ou les cuisines professionnelles.

Un projet plus large pour les animaux

Le texte à venir ne se limite pas aux crustacés. Il s’inscrit dans une réforme globale visant à renforcer la protection des animaux d’élevage et de compagnie. Parmi les pistes annoncées figurent l’interdiction des “usines à chiots”, la lutte contre les pratiques d’élevage jugées cruelles, ainsi qu’un encadrement renforcé de la chasse à courre.

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