Prison : l’insertion professionnelle dès l’entrée grâce à l’Atigip et l’Afpa

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Prison : l’insertion professionnelle dès l’entrée grâce à l’Atigip et l’Afpa © RSE Magazine

En généralisant les entretiens socio-professionnels dans les établissements pénitentiaires, l’Atigip et l’Afpa veulent faire de l’insertion professionnelle un levier central de réinsertion et de prévention de la récidive. Ce dispositif inédit, désormais déployé à l’échelle nationale, ouvre aussi de nouvelles perspectives pour les entreprises engagées dans une démarche de responsabilité sociétale.

L’insertion professionnelle comme socle dès l’entrée en détention pour les personnes détenues

Annoncée le 16 janvier 2025, la généralisation du dispositif d’entretien socio-professionnel à l’entrée en détention marque une étape majeure pour l’insertion professionnelle des personnes détenues. Portée par l’Agence du travail d’intérêt général et de l’insertion professionnelle (Atigip) et l’Afpa, cette initiative entend replacer l’accès à l’emploi et à la formation au cœur du parcours carcéral, en lien étroit avec les acteurs économiques.

Dès leur arrivée dans les établissements pénitentiaires, les personnes détenues bénéficient désormais d’un entretien socio-professionnel individuel d’environ une heure. Ce temps d’échange vise, d’une part, à analyser le parcours scolaire et professionnel antérieur et, d’autre part, à identifier les compétences mobilisables, les projets envisageables et les freins existants. Ainsi, l’insertion professionnelle n’est plus pensée en fin de peine, mais dès l’amorce de la détention.

Ce dispositif repose sur une méthodologie conçue par l’INETOP-CNAM et mobilise des outils pédagogiques spécifiques, comme le photolangage ou des frises chronologiques, afin de favoriser l’expression des personnes détenues. Par conséquent, les entretiens socio-professionnels produisent une synthèse structurée transmise sous cinq jours aux équipes pénitentiaires, permettant ainsi de construire un accompagnement cohérent et progressif au sein des établissements pénitentiaires.

Une insertion professionnelle évaluée, mesurée et déployée à grande échelle dans les établissements pénitentiaires

Avant sa généralisation, le dispositif a fait l’objet d’une expérimentation de 18 mois, menée entre janvier 2024 et juin 2025 dans 24 établissements pénitentiaires. Au total, 10.000 entretiens socio-professionnels ont été réalisés, fournissant un volume de données inédit. Selon l’Afpa, cette phase a confirmé l’efficacité de la méthode et son impact sur la capacité des personnes détenues à se projeter dans un parcours d’insertion professionnelle structuré.

Les retours qualitatifs ont également pesé dans la décision de généralisation. Les personnes rencontrées se sont montrées « impliquées, sincères et souvent soulagées d’avoir un espace de parole centré sur leur avenir », tandis que les équipes pénitentiaires ont salué une intervention jugée « professionnelle et facilitatrice ». Dès lors, l’Atigip et l’Afpa ont engagé un déploiement progressif visant 117 établissements pénitentiaires, dont 23 déjà intégrés, 26 supplémentaires prévus début 2026 et 44 au printemps suivant.

Entreprises et insertion professionnelle : un levier RSE pour les personnes détenues

Au-delà de la sphère pénitentiaire, le dispositif ouvre des perspectives nouvelles pour les entreprises engagées dans la responsabilité sociétale. En structurant en amont les parcours d’insertion professionnelle des personnes détenues, les entretiens socio-professionnels facilitent l’identification de profils formés ou en cours de qualification. Ainsi, les entreprises peuvent s’inscrire plus efficacement dans des partenariats d’emploi ou de formation en lien avec les établissements pénitentiaires.

Cette dynamique s’inscrit dans un contexte où 30% des personnes détenues travaillent en détention et 10 % suivent une formation professionnelle. En renforçant la lisibilité des parcours et la préparation à la sortie, l’insertion professionnelle devient un outil concret de prévention de la récidive. « Ce dispositif s’inscrit pleinement dans l’objectif de réinsertion professionnelle », a déclaré Bruno Clément-Petremann, directeur de l’Atigip, soulignant ainsi l’intérêt stratégique de ce modèle pour les politiques publiques et les acteurs économiques.

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