Voilà, ce n’est pas pour tout de suite. Une nouvelle étude scientifique suggère pourtant que la planète bleue pourrait éviter un destin que les astronomes tenaient pour acquis depuis longtemps. Jusqu’ici, le consensus voulait que la Terre finisse engloutie par le Soleil quand celui-ci deviendrait une géante. Les découvertes récentes d’une équipe de chercheurs remettent cette fatalité en question.
Ce qui va se passer et quand
Les scientifiques s’appuyaient sur des modélisations vieilles d’environ 15 ans pour prédire que dans à peu près cinq milliards d’années, le réchauffement du Soleil épuiserait son hydrogène, ce qui marquerait sa première phase d’expansion : il deviendrait une géante rouge. L’épuisement de l’hélium le conduirait ensuite à une phase AGB (la branche asymptotique des géantes). Après cette expansion, il évoluerait en naine blanche, un astre à la densité extrême et à la faible luminosité, sans fusion nucléaire active, qui refroidit lentement. Ces transformations modifieraient fortement les planètes voisines et leurs orbites.
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Marées et perte de masse : qui joue quoi
Deux mécanismes opposés vont déterminer le sort de la Terre : les forces de marée gravitationnelles et la perte de masse du Soleil. Les marées, liées à l’attraction entre la Terre et le Soleil lors de son expansion, peuvent rapprocher notre planète de la surface en fusion, au risque de la faire engloutir. Mais, comme le souligne Stéphane Mathis (CEA Paris-Saclay, organisme français de recherche) dans 20 Minutes, « la dissipation est plus faible que ce qu’on attendait avant ». La perte de masse du Soleil, par ses vents stellaires, tend au contraire à repousser les orbites vers l’extérieur. L’équilibre entre ces effets sera donc déterminant.
Les simulations qui changent la donne
En s’appuyant sur les avancées des quinze dernières années dans la modélisation des marées, les chercheurs ont révisé les anciennes hypothèses. Contrairement aux calculs antérieurs, plus simplifiés, les nouvelles simulations montrent que la dissipation des marées à l’intérieur des étoiles géantes est bien plus faible qu’on ne le pensait. La Terre a donc davantage de chances d’échapper à l’engloutissement. Comme l’explique le coauteur Mats Esseldeurs, de l’Institut d’astronomie de l’Université de Louvain, « le sort de la Terre dépend d’un équilibre délicat entre ces deux effets ».
Quel avenir pour les planètes intérieures ?
Si cette dissipation réduite se confirme, la Terre, comme Mars, pourrait éviter d’être avalée par l’étoile en expansion. Tout le monde ne s’en sortira pas pour autant : Mercure et Vénus, plus proches du Soleil, seraient inévitablement englouties par la géante, ce qui provoquerait une extinction des espèces.






