Le projet de loi portant sur la lutte contre le dérèglement climatique comporte cent quarante-six mesures issues de la convention citoyenne. L’objectif est de réduire d’au moins 40 % les émissions de gaz à effet de serre d’ici 2030 en France.
Les effets rebonds ne sont pas tous liés à nos mobilités. Le développement massif de la visioconférence pendant le confinement et qui devrait perdurer dans les années à venir en est un autre. « Ces visioconférences engagent des consommations d’énergies liées au transfert de données, à la sollicitation des serveurs, au fonctionnement de nos appareils, explique Thierry Leboucq, président de Greenspector, qui aide les entreprises à réduire l’impact carbone de leurs logiciels. Et ces consommations d’énergie multipliées par trois lorsque la visioconférence se fait avec partage de vidéo [3]». La hausse des consommations énergétiques au domicile (chauffage, électricité) est aussi à prendre en compte, si on poursuit sur les effets rebonds « défavorables ». En reprenant les calculs de Greenspector – qui a estimé « à 1 g eqCO2 le coût environnemental d’une minute de visioconférence », l’Ademe évalue cet « effet visioconférence » à 2,6 kg eqCO2 par an et par jour de télétravail. Dans sa note La face cachée du numérique, rééditée en novembre dernier, l’Ademe estimait que 45 % des gaz à effet de serre générés par nos activités numériques sont liés à la fabrication de nos équipements informatiques.
En d’autres termes l’accĂ©lĂ©ration de la transformation numĂ©rique, avec la digitalisation des outils et des activitĂ©s, impacte directement l’environnement. L’augmentation de la consommation croissante des technologies nĂ©cessite toujours plus de matĂ©riaux, de composants et d’énergie quotidiennement. D’ailleurs, l’utilisation de serveurs est encore plus fortement sollicitĂ©e pour l’envoi ou le stockage de courriels, vidĂ©os. La prise de conscience de ces consĂ©quences reste abstraite. Comment repenser le modèle de l’économie du numĂ©rique ? En prenant en compte la maĂ®trise des dĂ©chets, en rĂ©duisant l’empreinte Ă©nergĂ©tique et donc le rĂ©chauffement climatique. Il faut rappeler l’interdĂ©pendance Ă©nergĂ©tique du numĂ©rique avec l’énergie (Ă©lectricitĂ©). Comment ĂŞtre plus « responsable » en prenant en considĂ©ration les consĂ©quences des risques systĂ©miques ? Les rĂ©sultats de la COP21 indiquent que les Ă©missions ont baissĂ© seulement de 1% alors que l’ONU avait prĂ©conisĂ© une baisse de 7,6% par an Ă l’échelle mondiale. L’économiste GaĂ«l Giraud dĂ©fend l’annulation de la dette de la Banque Centrale EuropĂ©enne (BCE) et la planification Ă©cologique [4]. D’ailleurs, il suggère que la première Ă©mettrice de gaz Ă effet de serre au monde est la Chine, mais les États-Unis se sont retirĂ©s de l’Accord de Paris. Le documentaire Respirez – vous ĂŞtes cernĂ©s du journaliste Guillaume Desplanques alerte sur l’urgence Ă agir pour assainir un air viciĂ© de nanoparticules, autant dehors qu’à l’intĂ©rieur de nos habitations ou lieux de travail [5]. Certains militants Ă©cologistes sont tournĂ©s vers la limitation des Ă©nergies fossiles pour le climat, en luttant contre leur financement. En effet, on peut citer Lucie Pinson [6], directrice de l’ONG Reclaim Finance, qui a poussĂ© seize acteurs de la finance Ă se dĂ©sinvestir du charbon. Christiana Figueres [7], ex-secrĂ©taire de l’ONU pour le climat et nĂ©gociatrice de la COP21, s’adresse aux individus et leur propose dix actions pour atteindre les objectifs de rĂ©duction des Ă©missions de gaz Ă effet de serre fixĂ©s lors de la COP21. Selon Jean Viard, sociologue [8], le coronavirus accentue les attentes de la sociĂ©tĂ© pour les produits de qualitĂ© issus de fermes vertueuses pour le bien-ĂŞtre animal, qui respecte l’environnement. D’après l’audit de la prĂ©vention des risques naturels et technologiques, le ministère de l’Agriculture nous met en lumière qu’en 2020, les catastrophes se produisent et qu’elles ne s’arrĂŞtent pas dans une pandĂ©mie mondiale. Les inondations, les incendies de forĂŞt et les systèmes mĂ©tĂ©orologiques intenses ont attirĂ© l’attention du public sur un sujet qui, au cours des dernières annĂ©es, a Ă©tĂ© au cĹ“ur de l’ordre mondial : le changement climatique. Une crise environnementale imminente, Ă©clipsĂ©e par l’urgence de la pandĂ©mie, exige des entreprises, entre autres parties prenantes, qu’elles passent Ă l’action. Quelles mesures le dirigeant, les actionnaires prendront-ils face aux nouvelles contraintes financières d’empreinte Ă©cologique ? Quelle rĂ©putation le dirigeant souhaite-t-il porter ? Le choix de promouvoir le dĂ©veloppement durable, l’investissement sur le marchĂ© des obligations vertes serait-il la solution ? De fortes tensions Ă©conomiques entraĂ®nent une dĂ©tĂ©rioration des bilans environnementaux des entreprises [9]. Certains ont fait des choix totalement innovants : la Maif a vu ses rĂ©sultats divisĂ©s par quatre, car le dirigeant au travers de la politique solidaire, a participĂ© Ă l’effort national en temps de pandĂ©mie en remboursant les souscripteurs de l’assurance automobile [10]. Selon la Banque de France, les entreprises devront intĂ©grer les risques Ă©pidĂ©miques dans leurs cartographies tout en incluant le renforcement mutuel entre les risques climatiques et Ă©pidĂ©miques. En effet, du fait de l’absence des prĂ©cipitations, la vague de froid, notamment depuis le mois de mars et en prĂ©vision, a permis le dĂ©veloppement de maladies causĂ©es par des scolytes touchant des espèces tel que l’épicĂ©a par exemple.
À cela s’ajoutent les cours de toutes les matières premières qui flambent et la demande mondiale à la hausse, conséquence des mesures de confinement d’après l’étude du cabinet Tallage. Cela se traduit par une hausse entre 20 et 50% du prix du cuivre, acier, bois de construction, pétrole, aluminium, fer… Le secteur du bâtiment craint pour son activité selon le président de la Fédération Française du Bâtiment (FFB), et certaines usines automobiles sont à l’arrêt par manque de silicium. Plusieurs secteurs sont impactés comme que le high tech.


