Loris Bianco raconte sur franceinfo qu’il n’avait jamais vu une pierre d’une telle taille s’envoler à une telle hauteur, que c’est fou à quel point la montagne peut faire ce genre de choses, et que l’on se rend vraiment compte que ce n’est pas un jeu et que derrière, c’est surpuissant.
Il n’a pas de mots plus précis pour décrire ce qu’il a vécu. Cet alpiniste a été pris sous une avalanche de pierres mercredi, en pleine ascension du Mont Blanc, à plus de 3 300 mètres d’altitude. Sur le moment, il a cru sa dernière heure arrivée.
Son témoignage n’est pas isolé. Des dizaines d’éboulements hors normes ont touché l’ensemble du massif du Mont Blanc entre le 10 et le 14 août 2026. Le phénomène s’est même étendu jusqu’à l’aiguille du Midi, où un éboulement survenu le 12 août a fait une victime.
Les guides renoncent à l’ascension
Face à ces chutes de pierres, les deux refuges de haute montagne qui donnent accès au sommet ont été fermés par sécurité. Conséquence directe : la plupart des guides ont décidé de ne plus proposer l’ascension du Mont Blanc pour cet été.
Thomas Bordet, 21 ans, a filmé l’un de ces éboulements le mardi 11 août, alors qu’il redescendait de la montagne. Il a vu des rochers de la taille d’une voiture se décrocher à 500 ou 600 mètres au-dessus de lui et de son groupe, avant de s’écraser à quelques centimètres d’eux.
« C’est super impressionnant. On sent sous nos pieds le couloir qui tremble. On s’est tourné et on a vu des rochers de la taille d’une voiture se décrocher de la montagne, 5-600 mètres plus haut. Les pierres sont tombées à quelques centimètres de nous », raconte-t-il.
Il ajoute que c’est très impressionnant parce qu’elles arrivent à une vitesse fulgurante, et que quand on voit l’ampleur de ce qui s’est décroché de la montagne, pour eux, c’était fini.
Ces événements s’expliquent par la fonte des sols gelés des sommets, qui rend les parois instables chaque été. Les experts pointent le rôle du changement climatique dans cette multiplication des chutes de pierres à plus de 3 300 mètres.
Le phénomène dépasse le seul massif du Mont Blanc. Selon les données d’AGATE, les Alpes se sont réchauffées de 2,5 °C depuis 1900. Le Syndicat national des guides de montagne estime que 30 % des itinéraires de montagne sont devenus dangereux ou impraticables l’été. Météo France, de son côté, évalue à 40 % en moyenne la baisse attendue de l’enneigement en moyenne montagne d’ici 2050.
Dans les massifs du Mont-Blanc, des Écrins et de la Vanoise, plus d’un tiers des itinéraires sont désormais considérés comme dangereux ou impraticables à certaines périodes de l’été. Le dégel du pergélisol, qui fragilise les parois rocheuses, multiplie les risques d’éboulements et de glissements de terrain.




