Mayotte dévastée : comment la CPME soutient la reconstruction économique

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Mayotte dévastée : comment la CPME soutient la reconstruction économique
Mayotte dévastée : comment la CPME soutient la reconstruction économique © RSE Magazine


Le cyclone Chido, qui a frappé Mayotte en décembre 2024, a laissé une île dévastée, avec des dégâts matériels et humains sans précédent. Dans ce contexte, la Confédération des Petites et Moyennes Entreprises (CPME) s’est mobilisée pour répondre aux besoins urgents des entrepreneurs et contribuer à la reconstruction économique de ce territoire durement éprouvé.

Des dégâts colossaux qui appellent une réponse immédiate

Selon la Caisse centrale de réassurance (CCR), les coûts des dégâts à Mayotte sont estimés entre 650 et 800 millions d’euros, mais seule une infime partie de cette somme pourra être couverte par les assurances. Avec un taux d’assurance habitation de 6 %, la majorité des habitants et des entreprises ne disposent pas de la protection nécessaire pour faire face à une telle catastrophe.

Les infrastructures locales ont également été gravement touchées, ce qui a un impact direct sur l’activité économique de l’île. Près de 70 % de la population a été affectée, tandis que des milliers de logements, d’établissements scolaires et d’infrastructures publiques nécessitent une reconstruction.

La mobilisation exemplaire de la CPME

Dès les premiers jours de la crise, la CPME nationale et son antenne à Mayotte, dirigée par Bourahima Ali Ousseni, ont lancé des appels à des mesures d’urgence pour soutenir les petites et moyennes entreprises (PME) locales. Parmi les principales actions entreprises par la CPME figurent :

Suspension des prélèvements sociaux et fiscaux dès le 15 décembre 2024.

Exonération des charges sociales et fiscales jusqu’en avril 2025 pour permettre aux entreprises de respirer financièrement.

  • Mise en place de l’activité partielle, afin de garantir les salaires malgré l’arrêt des activités.
  • Création d’un fonds de soutien pour couvrir les dépenses liées à l’électricité et aux loyers.
  • Priorisation des dessertes maritimes pour le transport des denrées alimentaires et des médicaments.

Ces mesures visent à offrir une bouffée d’oxygène aux entreprises locales, dont beaucoup peinent à maintenir leurs activités dans un contexte de chaos logistique et de pertes économiques.

Tableau : Principales mesures demandées par la CPME pour Mayotte :

Mesures demandéesObjectif
Suspension des prélèvements sociaux et fiscauxAlléger les contraintes financières immédiates
Exonération des charges jusqu’en avril 2025Soutenir la reprise économique des entreprises
Mise en place de l’activité partielleGarantir le paiement des salaires
Création d’un fonds de soutienCouvrir les dépenses essentielles (électricité, loyers)
Renforcement des dessertes maritimesAssurer le ravitaillement en denrées et médicaments

Une crise économique et structurelle

Outre les actions immédiates, la CPME a mis en lumière des problématiques structurelles qui entravent la résilience économique de Mayotte. Dans un courrier adressé au Premier ministre, l’organisation a insisté sur la nécessité de repenser l’assurabilité des entreprises face aux catastrophes naturelles. Les crises répétées dans les outre-mer, comme celles en Nouvelle-Calédonie ou en Martinique, mettent en danger la pérennité des entreprises locales et, par extension, l’équilibre économique de ces territoires.

Le ministère de l’Économie a d’ores et déjà mis en place une cellule de crise réunissant quotidiennement les représentants des entreprises, dont ceux de la CPME. Le ministre de l’Économie a garanti qu’aucun obstacle budgétaire ne freinerait l’intervention de l’État, mais la reconstruction s’annonce longue et coûteuse.

Une solidarité nationale en action

La CPME, en coordination avec les autorités locales et nationales, joue un rôle central dans la transmission des besoins des entrepreneurs. La confédération a également demandé que la reconstruction de Mayotte soit l’occasion de renforcer les échanges commerciaux avec les pays voisins et La Réunion, une stratégie essentielle pour relancer durablement l’économie de l’île.

Face à cette catastrophe, la CPME rappelle l’importance d’un soutien de long terme aux TPE-PME, qui représentent le cœur du tissu économique local. Une chose est certaine : la survie économique de Mayotte dépendra autant de la solidarité nationale que de la mise en œuvre efficace des mesures annoncées.

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