CSRD : les entreprises françaises sont plus ou moins prêtes, mais des lacunes restent à combler

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Csrd Reporting
CSRD : les entreprises françaises sont plus ou moins prêtes, mais des lacunes restent à combler © RSE Magazine

Alors que les entreprises devront faire en 2025 leur premier reporting conformément à la Corporate Sustainability Reporting Directive (CSRD), l’Agence de la transition écologique (ADEME), Ekodev et le CITEPA viennent de dévoiler les résultats de leur étude qui examine les stratégies climat des secteurs de l’immobilier, des transports et de l’industrie, révélant des progrès encourageants mais aussi des défis importants à relever.

Des démarches structurées et des ambitions affichées

L’Agence de la transition écologique (ADEME), Ekodev et le CITEPA viennent de publier les résultats de leur étude sur le dégré de préparation des entreprises françaises à l’entrée en vigueur de la Corporate Sustainability Reporting Directive (CSRD). Dans les secteurs clés évalués – immobilier, transports, et industrie – les entreprises montrent une prise de conscience notable des enjeux climatiques. Les stratégies publiées dans leurs rapports annuels traduisent un effort structuré pour réduire leurs émissions de gaz à effet de serre. Cela se matérialise par la mesure régulière de leur empreinte carbone, en particulier sur les scopes 1 et 2, et par la définition d’objectifs de réduction à moyen terme. Ces engagements sont accompagnés de la mise en œuvre d’actions concrètes, telles que des investissements dans des technologies bas-carbone ou des optimisations énergétiques.

Ces démarches reflètent une intégration croissante des enjeux climatiques dans le pilotage stratégique des organisations. La méthodologie ACT (Accelerate Climate Transition) développée par l’ADEME joue un rôle central en permettant d’analyser et de valider la cohérence des plans de transition des entreprises par rapport aux objectifs internationaux, notamment ceux de l’Accord de Paris. Cependant, des disparités sectorielles subsistent, certaines entreprises affichant une maturité plus avancée que d’autres dans la structuration de leur stratégie bas carbone.

Des lacunes à combler pour une transition pleinement alignée

Malgré ces avancées, l’évaluation révèle des faiblesses structurelles dans les stratégies climatiques. L’un des principaux défis réside dans le manque de liens explicites entre les objectifs de décarbonation et les plans d’action mis en œuvre. Les entreprises peinent souvent à intégrer des métriques de suivi suffisamment précises pour isoler les effets réels de leurs efforts de décarbonation. Par ailleurs, les émissions indirectes (scope 3), qui représentent une part significative de l’empreinte carbone, restent sous-évaluées et rarement associées à des objectifs clairs.

La CSRD vise à combler ces lacunes en exigeant des entreprises une transparence accrue sur leurs leviers de décarbonation et les ressources financières mobilisées pour les atteindre. Cette approche standardisée permettra non seulement d’améliorer la qualité des analyses réalisées via des outils comme ACT, mais aussi d’encourager un cercle vertueux d’amélioration continue. En moyenne, 21% des indicateurs nécessaires à l’évaluation n’ont pu être notés, faute de données publiquement disponibles – une faille que la CSRD ambitionne de réduire.

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