En 1980, le gouvernement fédéral mexicain a publié ses premiers décrets présidentiels de conservation pour protéger formellement les forêts où des colonies entières de monarques se rassemblaient chaque hiver, explique le magazine AS. Cette décision a permis de préserver des sites abritant bien plus d’un million de papillons chacun.
Les décrets ont surtout eu pour effet de freiner l’exploitation forestière incontrôlée dans certains des habitats les plus importants. Ils marquent le point de départ de ce qui deviendra la Réserve de biosphère du papillon monarque.
Un long voyage pour les Monarques
Avant cela, l’emplacement exact des colonies hivernales dans les montagnes mexicaines n’était connu que des communautés locales. Ce n’est qu’au milieu des années 1970 que des chercheurs internationaux, travaillant aux côtés de scientifiques mexicains, ont cartographié les principaux sites d’hivernage, situés dans les massifs de la Sierra Chincua et du Cerro Pelón.
La réserve couvre plus de 56 000 hectares et bénéficie d’une reconnaissance de l’Unesco. Elle se situe à environ 97 km au nord-ouest de Mexico, dans une région montagneuse aux forêts denses.
Les variations d’altitude y créent une diversité de microclimats qui abritent des plantes et des animaux endémiques, introuvables ailleurs. La zone protégée s’étend sur plusieurs municipalités :
- Zitácuaro
- Ocampo
- Angangueo
- Temascaltepec
- San José del Rincón
dans l’État de Michoacán, ainsi que dans l’État de Mexico.
C’est dans ces forêts de sapins oyamel que les monarques trouvent refuge après un voyage impressionnant. Chaque automne, des millions d’entre eux parcourent plus de 4 023 km, soit 2 500 miles, depuis le sud du Canada et le nord des États-Unis. Certaines années, leur nombre pourrait atteindre jusqu’à un milliard d’individus.
Au printemps, les papillons repartent vers le nord. Ce trajet retour s’étale sur environ huit mois et mobilise quatre générations successives, qui se dispersent aux États-Unis puis jusqu’à l’est du Canada. Malgré des décennies de recherche scientifique, personne n’a encore expliqué comment chaque nouvelle génération parvient à retrouver exactement les mêmes forêts du centre du Mexique où ont hiverné ses ancêtres.



