La Chine a présenté un robot humanoïde destiné à sa mission lunaire Chang'e 8, prévue en 2029. Baptisé mécanicien lunaire, l'engin se distingue par un buste humanoïde monté sur quatre roues. Il aura pour mission d'explorer le Mons Mouton, une montagne au sommet plat située dans le pôle Sud lunaire.
Conçu par 30 universités et organisations spatiales chinoises, le robot devra transporter, déployer et installer des instruments et capteurs scientifiques à des endroits stratégiques de la région.
Deux bras pour une coordination jugée complexe
Contrairement à la majorité des rovers planétaires, équipés de six roues, l'engin n'en compte que quatre. Cette configuration lui permet de franchir des obstacles dont la hauteur dépasse deux fois le rayon des roues, selon les chercheurs de l'Académie de technologie spatiale de Shanghai, filiale de la China Aerospace Science and Technology Corporation, qui participe à la fabrication du robot.
L'appareil possède aussi deux bras chargés de saisir et de déposer des instruments fournis par d'autres partenaires de la mission. « La coordination des deux bras du robot est complexe », explique Gao Yang, professeure à l'Université des sciences et technologies de Hong Kong, citée par le South China Morning Post. Elle qualifie par ailleurs le projet d'« extraordinaire ».
Pour se repérer sur un terrain accidenté, le robot s'appuiera sur une intelligence artificielle capable d'identifier et de suivre des objets, ce qui lui permettra d'élaborer une stratégie avant d'exécuter une tâche. Cette IA repose notamment sur le traitement d'images à distance et la cartographie en dimensions.
L'environnement lunaire impose des contraintes sévères. Le robot devra encaisser des températures allant de 120 degrés Celsius à moins 180 degrés Celsius, une plage couverte par un système de gestion thermique mis au point par les équipes du projet. Il est conçu pour fonctionner pendant deux ans et devrait supporter au moins 24 nuits lunaires, chacune s'étirant sur plus de 330 heures dans un froid intense, en raison de l'absence d'atmosphère, précisent les chercheurs.
Le mécanicien lunaire s'inscrit dans le programme spatial Chang'e, lancé en 2007 et destiné à préparer un retour habité sur la Lune. Sa dernière mission en date, en 2024, avait permis de récolter pour la première fois des échantillons sur la face cachée de la Lune. L'objectif du programme est désormais d'explorer le pôle Sud lunaire, une région jamais foulée par un véhicule mobile en plus d'un demi-siècle d'exploration humaine.
Avant Chang'e 8, la Chine doit lancer Chang'e 7, dont le décollage est visé pour la fin de l'été 2026 et l'atterrissage pour la fin de la même année. Cette mission emportera elle aussi un rover, ainsi qu'un robot sauteur capable de bondir dans les cratères plongés dans l'ombre du pôle Sud pour y chercher de la glace d'eau.
Chang'e 7 et Chang'e 8 doivent poser les premières pierres de la future Station internationale de recherche lunaire pilotée par Pékin.



