En 2025, le paysage de l’investissement durable sera marqué par des évolutions significatives. Entre la complexité des régulations ESG, l’importance croissante de la biodiversité et le rôle accru des obligations durables, les investisseurs devront naviguer un environnement en constante transformation, peut-on lire dans le rapport « Six Sustainable Investing Trends to Watch in 2025 » de Morningstar Sustainalytics.
Simplification des normes européennes : une arme à double tranchant
Dans le domaine des investissements durables, l’année 2025 sera synonyme de complexité, prévient Morningstar Sustainalytics dans son rapport « Six Sustainable Investing Trends to Watch in 2025 ». L’Union européenne poursuivra en 2025 la mise en œuvre de ses cadres normatifs pour la durabilité, tels que la directive CSRD et les normes ISSB. Ces régulations visent à uniformiser les rapports ESG, augmentant leur fiabilité et leur comparabilité. Cependant, simplifier ces normes, comme proposé avec une loi omnibus, pourrait engendrer confusion et coûts pour les entreprises, tout en risquant de diluer la qualité des données. Les entreprises devront aussi s’adapter à la complexité de la directive européenne sur la déforestation et aux nouvelles exigences de taxonomie.
Aux États-Unis, la probable remise en question des politiques climatiques par la nouvelle administration Trump pourrait accentuer la fragmentation des approches ESG à l’échelle mondiale. Tandis que certains États, comme la Californie, poursuivront leurs propres initiatives, le reste du monde progressera dans l’adoption des standards ISSB, créant un fossé réglementaire. Cette divergence pourrait freiner les investissements responsables aux États-Unis et encourager un « greenhushing » des entreprises.
Essor des investissements dans la transition et obligations durables
En 2025, les investisseurs exigeront des plans de transition clairs et mesurables, allant au-delà des simples engagements. Les entreprises seront jugées sur leur capacité à intégrer des cibles basées sur la science dans leurs stratégies et à aligner leurs actions sur l’objectif de limiter le réchauffement climatique à 1,5 °C. Par ailleurs, l’attention se portera sur les risques physiques liés au climat, comme l’adaptation aux catastrophes naturelles, ouvrant la voie à de nouvelles opportunités pour les entreprises spécialisées dans la résilience climatique.
Le contexte de taux d’intérêt plus bas en 2025 favorisera une reprise des émissions d’obligations vertes, sociales et liées à la durabilité, dépassant à nouveau les 1.000 milliards de dollars. En Europe, le lancement des premières obligations conformes au Green Bond Standard renforcera la transparence et la confiance des investisseurs. Par ailleurs, une attention particulière sera portée au financement des projets « facilitants », tels que l’extraction de lithium pour les technologies vertes et le développement de l’énergie nucléaire, particulièrement en Amérique du Nord.








