Durabilité : l’étiquette qui bouscule les smartphones dès aujourd’hui

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Durabilité : l’étiquette qui bouscule les smartphones dès aujourd’hui © RSE Magazine

Depuis ce vendredi 20 juin 2025, une nouvelle étiquette fait son apparition dans les rayons des enseignes de téléphonie et sur les sites marchands européens. Ciblant la durabilité, ce nouveau marquage vise à guider les consommateurs dans leurs choix face à un marché saturé de modèles aux performances souvent similaires mais à la longévité très variable. L’Union européenne lance une offensive frontale contre l’obsolescence programmée – et la bataille commence avec nos smartphones.

Durabilité : un nouvel horizon pour les smartphones

Les téléphones n’avaient, jusqu’ici, rien à craindre d’un affichage contraignant. Désormais, les modèles mis sur le marché à compter du 20 juin doivent impérativement porter une étiquette de durabilité, fruit d’un règlement de la Commission européenne publié en août 2023. Objectif affiché : prolonger la durée de vie des smartphones et réduire de 22% les ventes en valeur d’ici à 2030. Rien que ça. Sur le papier, le dispositif est ambitieux. Il impose des exigences concrètes : pièces détachées disponibles pendant sept ans, mises à jour du système d’exploitation garanties cinq ans, et tests de résistance aux chutes et à l’eau systématisés.

Composée de cinq pictogrammes accompagnés d’un QR code menant au rapport complet, l’étiquette passe les smartphones au crible. Chaque critère est noté selon une échelle codée de A à G, directement inspirée des appareils électroménagers.

​Parmi les données décodées :

– Consommation énergétique : une curiosité pour un appareil peu énergivore, mais l’étiquette s’aligne sur les habitudes des consommateurs européens. Un smartphone classé G consomme plus du double d’un modèle classé A.

 -Autonomie : exprimée en heures d’utilisation moyenne, elle varie selon les usages – surévaluée pour les gros consommateurs de vidéo, sous-évaluée pour les minimalistes. Mais elle permet une comparaison entre modèles.

– Durabilité de la batterie : mesurée en cycles de recharge complets (jusqu’à 1 400). Un score inférieur à 800 fait chuter la note à F. Ce seuil minimal est imposé par la directive Ecodesign.

– Résistance aux chutes et à l’eau : des tests standardisés sont désormais obligatoires.

– Réparabilité : démontabilité, disponibilité des pièces, prix indicatif. Tous ces éléments sont notés. En revanche, certaines ONG dénoncent une absence d’agrégation claire de ces indicateurs, laissant le consommateur face à un patchwork d’icônes.

Durabilité : limites et critiques du dispositif

Tout n’est pas rose dans l’univers des étiquettes vertes. Plusieurs voix pointent les failles du nouveau système. À commencer par l’association française HOP (Halte à l’Obsolescence Programmée), qui regrette l’absence d’un indice global. « L’information est morcelée, peu lisible. Les fabricants conservent la main sur les tests. Et aucun contrôle indépendant n’est garanti », déplorent ses membres dans une tribune publiée le 19 juin 2025. Autre angle mort : le prix des pièces détachées, non pris en compte, alors qu’il s’agit d’un frein majeur à la réparation. De plus, la notation ne distingue pas si une batterie est collée ou facilement remplaçable – détail crucial pour les réparateurs et les particuliers.

Mais la plus grosse faiblesse reste peut-être l’effet d’affichage. L’étiquette ne s’applique qu’aux nouveaux modèles commercialisés après le 20 juin 2025. Autrement dit, une majorité de produits sur les étals y échappent, du moins jusqu’à épuisement des stocks.

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