Crédit Agricole et Société Générale : une épargne salariale pas si « responsable » qu’ils veulent bien faire croire

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Eparnge Salariale Responsable
Crédit Agricole et Société Générale : une épargne salariale pas si « responsable » qu’ils veulent bien faire croire © RSE Magazine

Les fonds d’épargne salariale « responsables » sont encore rares en France, malgré une demande croissante de la part des salariés. Crédit Agricole et Société Générale sont particulièrement critiqués pour inclure des fonds soutenant l’expansion des énergies fossiles dans leurs offres dites responsables, suscitant des accusations de greenwashing.

Selon Reclaim Finance, moins de 30% des fonds proposés par Crédit Agricole et Société Générale peuvent être qualifiés de « responsables »

En France, l’épargne salariale a atteint un montant record de 200 milliards d’euros en juin 2024, avec une augmentation de 10% par rapport à 2023. Cette manne financière aurait pu être une opportunité pour financer des projets de transition écologique. Toutefois, selon l’ONG Reclaim Finance, l’offre de fonds dits responsables proposée par les principaux acteurs de l’épargne salariale reste insuffisante et parfois incohérente avec les objectifs climatiques. En effet, moins de 30% des fonds proposés par Crédit Agricole et Société Générale, deux des plus grands teneurs de compte, peuvent réellement être qualifiés de responsables. Pire encore, une partie de ces fonds investit dans des entreprises développant de nouveaux projets pétroliers et gaziers, comme TotalEnergies et Eni, malgré les promesses de durabilité.

Les partenariats entre teneurs de compte et gestionnaires d’actifs sont au cœur de ces incohérences. Crédit Agricole et Société Générale, par exemple, sont associés à Amundi, un gestionnaire d’actifs qui figure parmi les plus grands investisseurs dans l’expansion fossile en France. Cette situation met en lumière un double discours de la part des banques : d’un côté, elles promeuvent des fonds « 100% engagés pour le climat », tandis que, de l’autre, elles soutiennent indirectement des entreprises contribuant au dérèglement climatique.

Près de 20% des fonds « responsables » investissent encore dans des projets pétroliers et gaziers

Le problème ne se limite pas à ces deux acteurs. Si Natixis Interépargne et BNP Paribas E&RE se distinguent en proposant des fonds plus strictement alignés avec les objectifs climatiques, l’ensemble du marché de l’épargne salariale reste marqué par une fragmentation des offres. En moyenne, près de 20% des fonds « responsables » investissent encore dans des projets pétroliers et gaziers, avec d’importantes disparités entre les acteurs. Par exemple, alors que BNP Paribas E&RE a exclu ces entreprises de sa gamme responsable, Crédit Agricole et Société Générale continuent d’y être fortement exposés.

Ce manque de cohérence dans les offres « responsables » expose les salariés à un risque de voir leur épargne financer le développement des énergies fossiles, malgré une demande croissante d’investissements durables. En plus des entreprises pétrolières, certaines infrastructures de transport d’énergie, telles que celles développées par Engie, continuent d’attirer des financements via ces fonds. Dans ce contexte, Reclaim Finance appelle les teneurs de compte à revoir leur politique d’investissement, en excluant les gestionnaires d’actifs qui soutiennent des projets fossiles et en proposant des alternatives plus durables.

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