Ce cocktail invisible dans nos assiettes pourrait favoriser le diabète sans qu’on le sache

Saviez-vous que certains mélanges d’additifs alimentaires peuvent augmenter le risque de diabète de type 2 ?

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Les mélanges d'additifs alimentaires : un nouveau signe d'alerte pour le diabète de type 2 ?
Ce cocktail invisible dans nos assiettes pourrait favoriser le diabète sans qu’on le sache | RSE Magazine

Les aliments ultra-transformés, bourrés d’additifs, font désormais partie intégrante de notre quotidien. Ces substances se retrouvent dans une multitude de produits que des milliards de personnes consomment à travers le monde et attirent l’attention des chercheurs sur leurs effets sur la santé. Jusqu’ici, les études se sont concentrées sur chaque additif séparément. Mais une nouvelle recherche, pilotée par l’Inserm, INRAE, Université Sorbonne Paris Nord, Université Paris Cité et le Cnam, s’est intéressée aux mélanges d’additifs (c’est-à-dire aux combinaisons de ces substances dans les aliments) pour voir s’ils sont liés à l’apparition du diabète de type 2, en s’appuyant sur une vaste cohorte prospective.

Méthode et participants

Les chercheurs ont exploité les données de plus de 108 000 adultes de la cohorte française NutriNet-Santé, un projet mené par l’Équipe de recherche en épidémiologie nutritionnelle (CRESS-EREN). Lancée en 2009, cette étude a déjà donné lieu à plus de 300 articles scientifiques internationaux. Les participants, dont l’âge moyen était de 42,5 ans et avec 79,2% de femmes, ont renseigné leurs habitudes alimentaires grâce à des relevés détaillés effectués sur au moins deux journées distinctes.

Pour repérer les combinaisons d’additifs les plus fréquentes, l’équipe a utilisé une technique appelée factorisation matricielle non négative (NMF) (méthode statistique qui permet de dégager des tendances dans de grandes bases de données). Ils ont ensuite étudié les liens entre ces mélanges et l’apparition du diabète de type 2 en recourant à des modèles statistiques ajustés selon divers critères socio-démographiques et comportementaux.

Résultats intéressants

Pendant une période moyenne de 7,7 ans de suivi, 1 131 participants ont été diagnostiqués avec le diabète de type 2. L’analyse a mis en lumière que deux des cinq mélanges identifiés étaient liés à une hausse du risque de développer ce diabète.

Le premier mélange problématique comprenait des émulsifiants comme les amidons modifiés, la pectine, la gomme de guar, les carraghénanes, les polyphosphates et la gomme xanthane. On y retrouvait aussi le conservateur sorbate de potassium et le colorant curcumine. Ce mélange se retrouve souvent dans des produits tels que les matières grasses et les desserts lactés. Le rapport de risque associé était de 1,08 [1,02 – 1,15] avec une signification statistique (p = 0,006).

Le second mélange inclut divers acidifiants (acide citrique, citrates de sodium), un colorant (caramel au sulfite d’ammonium) et des édulcorants (acésulfame-K, aspartame). Ce mélange apparaît dans plusieurs aliments transformés. Le rapport de risque pour ce groupe était encore plus élevé, à 1,13 [1,08 – 1,18] (p < 0,001).

Que retenir et conseils pratiques

Ces résultats laissent penser que les mélanges d’additifs pourraient représenter un facteur modifiable dans le développement du diabète de type 2. Marie Payen de la Garanderie commente : « Cette étude est la première à estimer l’exposition aux mélanges d’additifs alimentaires dans une large cohorte en population générale » source Inserm.

Mathilde Touvier ajoute également pour Inserm : « D’autres études sont nécessaires afin d’élucider les mécanismes sous-jacents et approfondir la compréhension des synergies et des antagonismes potentiels entre ces additifs alimentaires ». On pourrait envisager une nouvelle approche dans l’évaluation des risques liés aux additifs afin de mieux guider nos choix alimentaires.

Les résultats complets sont publiés sur le site Plos Medecine.

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