Au milieu de l’Atlantique, un point refroidit alors que la planète se réchauffe : les océanographes savent enfin pourquoi et c’est inquiétant

Une anomalie climatique attire l’attention : le « cold blob » dans l’Atlantique pourrait bouleverser notre climat.

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Au milieu de l'Atlantique, un point refroidit alors que la planète se réchauffe : les océanographes savent enfin pourquoi et c'est inquiétant
Au milieu de l’Atlantique, un point refroidit alors que la planète se réchauffe : les océanographes savent enfin pourquoi et c’est inquiétant © RSE Magazine

Un phénomène surprenant et potentiellement perturbateur se déroule dans l’Atlantique Nord et attire l’attention des scientifiques du monde entier. Depuis quelque temps, une tache d’eau anormalement froide, surnommée le « cold blob », persiste au sud-est du Groenland et jusque dans l’Atlantique équatorial. Sur les cartes thermiques, elle ressort comme une grosse tâche bleue alors que le reste de l’océan chauffe, et cette anomalie pose de sérieuses questions sur ses répercussions climatiques et écologiques.

Où se trouve la tache et comment elle se manifeste

La tache froide s’étend dans l’Atlantique Nord, précisément au sud-est du Groenland, et on la repère aussi vers l’Atlantique équatorial, explique le Sciencepost. Elle apparaît comme une « tache bleue » entourée d’un océan dont la température augmente ailleurs. Même si une telle zone froide existe depuis plus d’un siècle, un refroidissement brutal et notable a été observé au cours des trois derniers mois.

Les mécanismes en jeu sont complexes. L’une des structures océaniques impliquées est la circulation thermohaline, un système de courants qui transporte des eaux chaudes et salées des tropiques vers le nord de l’Atlantique et aide à tempérer le climat européen. Depuis le milieu des années 2000, l’AMOC a perdu environ 10 à 20 % de sa puissance, un ralentissement des courants qui pourrait avoir de larges répercussions.

Quelles explications sont avancées et quelles conséquences possibles

Plusieurs hypothèses ont été proposées : pollution aux aérosols, variabilité naturelle de l’océan, ou phénomènes atmosphériques isolés. Aucun de ces facteurs ne colle parfaitement avec le comportement observé. Les alizés, souvent responsables des variations de l’Atlantique, ne se sont pas renforcés cette fois, ce qui ajoute au mystère. On voit là un contraste entre le Pacifique, qui tend à se refroidir sous l’effet d’une Niña (phase froide du cycle El Niño, Southern Oscillation), et l’Atlantique, qui montre une tendance au réchauffement.

La tache froide pourrait aussi freiner le développement d’une Niña dans le Pacifique, ce qui rendrait la prévision des événements climatiques extrêmes plus compliquée. Une étude de 2025 projette une perte de 51 % de la force de l’AMOC d’ici 2100, scénario qui amènerait des hivers plus rigoureux en Europe du Nord et aggraverait la sécheresse estivale.

Effets régionaux et dilemmes à venir

Les conséquences de ce refroidissement inhabituel dépassent l’Europe, avec des effets atmosphériques locaux pouvant être influencés par le réchauffement climatique. Le gouvernement islandais a même qualifié ce phénomène de menace pour la sécurité nationale, soulignant l’ampleur possible des perturbations régionales.

Les modèles climatiques prévoyaient auparavant une diminution moyenne de l’AMOC de 32 %, mais la situation actuelle paraît bien plus préoccupante. La perturbation des écosystèmes marins est un autre volet sérieux : la modification de la salinité et de la température menace les habitats et les cycles de vie des espèces marines.

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