La circulation thermohaline, qu’on surnomme souvent le « tapis roulant océanique », est un vaste réseau de courants qui parcourt nos mers. Parmi eux, l’AMOC (Atlantic Meridional Overturning Circulation) se démarque par son influence sur le climat mondial, notamment en Europe et en Amérique du Nord. Néanmoins, des études récentes montrent que le gyre de l’Atlantique nord, un système moins médiatisé mais tout autant important, pourrait basculer de lui-même, ce qui pourrait sérieusement perturber notre climat.
C’est quoi la circulation thermohaline et ses composants ?
La circulation thermohaline regroupe plusieurs réseaux de courants qui jouent un grand rôle dans la régulation du climat mondial. Parmi eux, le gyre de l’Atlantique nord occupe une place de choix. Situé entre les côtes de l’Amérique du Nord, de l’Europe, de l’Afrique et de l’Islande, il regroupe plusieurs courants majeurs, dont le fameux Gulf Stream.
L’AMOC fait partie de ce système. Ce réseau de courants dans l’Atlantique aide à transporter la chaleur vers l’hémisphère nord. Par ailleurs, le gyre de l’Atlantique nord a récemment attiré l’attention à cause des vortex de déchets qui s’y accumulent, un phénomène qui n’est pas passé inaperçu.
La recherche sur le gyre en action
Des géographes de l’Université d’Exeter, au Royaume-Uni, ont publié une étude dans la revue Science Advances le 3 octobre 2025. Leur travail met en lumière la possibilité d’un basculement du gyre de l’Atlantique nord, pouvant se produire indépendamment des variations déjà observées dans l’AMOC.
Pour mener leurs recherches, ils se sont penchés sur deux espèces particulières de coquillages : la cyprine ou praire d’Islande (Arctica islandica) et l’amande de mer (Glycymeris glycymeris). Ces coquillages enregistrent des données sur les conditions océaniques grâce à l’absorption d’isotopes d’oxygène. Grâce à cette méthode, ils ont identifié des périodes de déséquilibre, notamment après le Petit Âge glaciaire et durant la période actuelle.
Qu’est-ce qui pourrait changer si le gyre bascule ?
Si le gyre perd de sa vigueur, on pourrait voir apparaître une série de phénomènes météorologiques extrêmes en Europe, influencés par le vortex polaire arctique. Par exemple, les régimes de précipitations risquent de subir des modifications importantes. Et si jamais l’AMOC venait à s’effondrer en même temps que ce basculement, les conséquences seraient d’autant plus sévères : un refroidissement marqué en Europe du Nord, des étés plus secs et des hivers plus rigoureux en Europe du Sud et en Afrique.
On peut aussi anticiper un déplacement des zones tropicales pluvieuses, une élévation du niveau de la mer et une baisse de la capacité des océans à absorber le dioxyde de carbone, rapporte Sciencepost.








