À 4 000 m de profondeur, une découverte terrifiante menace nos littoraux plus vite qu’on ne le croit

Saviez-vous que le courant circumpolaire antarctique pourrait avoir migré de 600 kilomètres vers le sud il y a 130 000 ans ?

Publié le
Lecture : 2 min
À 4 000 m de profondeur, une découverte terrifiante menace nos littoraux plus vite qu’on ne le croit
À 4 000 m de profondeur, une découverte terrifiante menace nos littoraux plus vite qu’on ne le croit © RSE Magazine

Une vaste étude récente met en lumière des facettes surprenantes du courant circumpolaire antarctique, qui influence non seulement le climat mondial, mais aussi la vie marine autour de l’Antarctique. Publiée dans la prestigieuse revue Nature Communications, cette recherche menée par une équipe internationale de scientifiques, dont Claire Allen du British Antarctic Survey, livre des données qui pourraient changer notre vision de ce gigantesque système océanique.

Le courant circumpolaire, notre thermostat océanique

Le courant circumpolaire antarctique est souvent présenté comme une « gigantesque bande transporteuse d’eau froide » et reste le courant océanique le plus puissant de la planète, influencé par les vallées sous-marines. En faisant le tour du continent blanc, il relie les trois grands bassins océaniques : Atlantique, Pacifique et Indien. Il organise la distribution de la chaleur à l’échelle mondiale, régule le cycle du carbone atmosphérique et assure la dispersion de nutriments nécessaires, jouant un rôle fondamental dans le fonctionnement de la circulation thermohaline. Sans lui, les équilibres climatiques tels que nous les connaissons ne tiendraient pas.

Ancré dans les eaux glaciales de la mer de Scotia et bordé par l’océan Austral, le courant subit l’action des vents d’ouest puissants qui balaient cette zone sans obstacle. Pour remonter son histoire, les chercheurs ont foré le plancher océanique jusqu’à des profondeurs de 4 000 mètres pour prélever des échantillons — qualifiés de « véritables archives naturelles ».

Comment ils ont fait (et ce qu’ils ont trouvé)

Les équipes ont prélevé plus de 40 carottes de sédiments avec un carottier capable d’extraire des échantillons jusqu’à 500 mètres sous la surface, révélant des informations sur les rivières sous-glaciaires. Ces carottes ont permis de reconstituer, de façon inédite, la vitesse du courant sur des millénaires. Il en ressort que, il y a 130 000 ans, la vitesse du courant dépassait plus de trois fois celle observée au cours des derniers millénaires. À cette période chaude, le courant avait migré vers le sud d’environ 600 kilomètres, s’approchant dangereusement des calottes glaciaires antarctiques et contribuant à une élévation du niveau des mers de 6 à 9 mètres.

Les carottes sédimentaires ont été conservées à -80 °C pour préserver leur intégrité. Leur granulométrie (la taille des particules déposées) a permis de retracer l’évolution climatique. « Avant 1950, les carottes sédimentaires et glaciaires sont les seules sources qui nous permettent de reconstituer l’histoire climatique et physique de l’Antarctique », précise Claire Allen.

Laisser un commentaire