Les satellites ont repéré 280 cercles de pierre cachés en plein Sahara : les archéologues n’avaient jamais regardé cette région jusqu’ici

Des chercheurs ont découvert 280 cercles de pierre dans le Sahara, révélant des secrets fascinants sur des sociétés anciennes.

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Les satellites ont repéré 280 cercles de pierre cachés en plein Sahara : les archéologues n'avaient jamais regardé cette région jusqu'ici
Les satellites ont repéré 280 cercles de pierre cachés en plein Sahara : les archéologues n’avaient jamais regardé cette région jusqu’ici © RSE Magazine

Longtemps mystérieux, le désert de l’Atbaï, situé entre le Nil et la mer Rouge dans le nord-est africain, a récemment livré un secret fascinant grâce à des technologies de pointe. Une équipe de chercheurs a identifié 280 étranges cercles de pierre à l’aide de la télédétection par satellite, ouvrant la voie à de nouvelles perspectives sur une région du Sahara longtemps restée obscure sur le plan archéologique. Leur étude, publiée dans la revue African Archaeological Review, propose une incursion captivante dans le passé de ces terres arides, remontant à des milliers d’années.

Des cercles repérés depuis l’espace

L’Atbaï, une région du désert soudanais restée largement inexplorée, s’est retrouvée sous les projecteurs grâce à ces structures circulaires dénichées par voie aérienne. Ces enceintes circulaires en pierre varient considérablement en diamètre, de 5 mètres à 82 mètres, et témoignent d’une diversité morphologique intrigante. Selon les recherches menées, ces structures auraient été érigées entre 4 500 et 2 500 av. J.-C., une époque où l’on soupçonne la présence de sociétés pastorales déjà bien établies.

Ces cercles de pierre sont non seulement des marqueurs intéressants pour les archéologues, mais ils soulignent aussi l’importance culturelle et économique du pastoralisme dans la région à la préhistoire. Intéressamment, certaines structures étaient situées à proximité de points d’eau et plusieurs abritaient des sépultures contenant à la fois des restes humains et de bétail, ce qui suggère des pratiques funéraires associant humains et animaux, similaires à l’analyse de l’ADN de momies.

Source : Cooper et al. 2026, African Archaeological Review

Ce que disent les sociétés pastorales anciennes

Les structures découvertes renforcent l’idée que les sociétés pastorales qui les ont construites ont su faire face aux bouleversements climatiques. Ces communautés auraient prospéré dans cette zone même alors que l’aridification progressive transformait le Sahara. Les chercheurs avancent deux possibilités : soit l’Atbaï est demeuré un « refuge favorable » pour ces populations, soit la désertification dans cette partie du Sahara n’a pas été aussi sévère qu’on le pensait jusqu’à présent.

Cette hypothèse est soutenue par des preuves iconographiques, comme la présence de peintures rupestres représentant du bétail, qui témoignent d’une pratique d’élevage bovin dès le 6e millénaire av. J.-C. Cette pratique aurait perduré au moins jusqu’au 3e millénaire av. J.-C., laissant entrevoir une organisation pastorale résiliente face aux changements environnementaux.

Ce que ça change pour notre vision du Sahara

Les résultats des travaux effectués dans l’Atbaï ont plusieurs conséquences pour notre compréhension du Sahara et de ses anciens habitants, tout comme les découvertes géologiques autour du Lac Turkana. Le phénomène climatique de l’African Humid Period touchait à sa fin, entraînant une réorganisation des implantations humaines qui n’était peut‑être pas uniforme. Cela invite à revoir l’image d’un Sahara désertifié de façon homogène.

La recherche pilotée par des acteurs tels que Julien Cooper, Maria Gatto, et d’autres contributeurs majeurs atteste non seulement de la riche histoire culturelle de la région, mais pose aussi de nouvelles questions sur les stratégies d’adaptation humaine aux conditions climatiques du passé. Avec des sites tels que le Wadi Khashab et bien d’autres, ces découvertes ouvrent la porte à de futures enquêtes archéologiques détaillées sur les interactions sociales et économiques de ces sociétés anciennes.

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